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Le groupe nominal : définitions

Le groupe nominal

On distingue traditionnellement deux éléments constitutifs essentiels dans une phrase : le grou­pe no­mi­nal, abrégé GN, et le groupe verbal (abrégé GV).

Groupe nominal ou syntagme nominal…

On adopte ici la terminologie actuelle la plus courante. Dans la littérature linguistique, on utilise éga­le­ment les termes de « syntagme nominal » et de « syntagme verbal » ; certains linguistes réservent le terme de groupe nominal au nom expansé sans le déterminant : chat noir, château de ma tante, le syntagme nominal étant alors ce chat noir, le château de ma tante.

Le groupe nominal est composé d’un ou de plusieurs élé­ments, avec au minimum un nom, selon le modèle suivant :

déterminant (adjectif)nom(adjectif)
le grandchien noir
du bon beurre breton
ces petits enfants blonds

L’adjectif peut être antéposé (se trouver devant le nom) ou postposé (après le nom), et plusieurs adjectifs peuvent figurer avant et/ou après le nom, voir p. 25 §4

Le groupe prépositionnel

Quand un groupe nominal est précédé d’une préposition ou d’une locution prépositionnelle, il forme avec celle-ci un groupe prépositionnel :

dans sa jolie maison
à côté de son grand chien noir
parmi ces petits enfants blonds
avec du bon beurre breton

Le déterminant

Le déterminant est un élément qui se place avant le groupe [(adjectif) nom (adjectif)]. On définit le déterminant comme le mot qui doit nécessairement précéder un nom commun pour constituer un groupe nominal bien formé. Dans certains cas (par exemple devant les noms propres), on n’utilise pas toujours un déterminant. Exemples de dé­ter­minants :

un chien noir, mon frère Jean-Jacques, certains amis
cette manière, peu de gens, la France, le Brésil

Du concept virtuel à l’occurrence concrète…

Le déterminant permet d’inscrire le nom dans une situation d’énonciation précise, de l’identifier, de le concrétiser : il permet de transformer un concept virtuel en une occurrence concrète, en identifiant un réfé­rent (c’est pour cette raison que dans les dictionnaires, les définitions sont données sans articles, car ce sont des explications de concepts). Comparer :

enfant / outil / animal domestique (concepts virtuels)
un enfant / un outil / un animal domestique (occurrences concrètes)
ces enfants / ces outils / ces animaux domestiques (occurrences concrètes)
les enfants / les outils / les animaux domestiques (occurrences concrètes)
nos enfants / nos outils / nos animaux domestiques (occurrences concrètes) etc.

Le déterminant permet de transformer tout constituant de phrase en un nom qui fait partie d’un groupe nominal :

bleu (adjectif) → le bleu (GN) ; peu (adverbe) → le peu (GN)
pourquoi (adverbe interrogatif)  → Il faut trouver le pourquoi (GN) de cette attitude.

Plus d’exemples…

manger (verbe) → son manger (GN)
quatre (déterminant numéral)  → un quatre-heures (GN) eväät)
pourquoi / comment (adverbes ou conjonctions)  → le pourquoi et le comment de cette tragédie (GN)
Je ne sais quoi (proposition)  → un je-ne-sais-quoi sitä jotakin (GN).

Cette propriété se résume très bien dans un proverbe français :

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.

dont l’équivalent en finnois est Parempi pyy pivossa kuin kymmenen oksalla. Ce proverbe si­gni­fie mot à mot en finnois « yksi ”ota” on varmempi kuin kaksi ”saat joskus” » : les formes verbales tiens et tu l’auras sont de­ve­nues des noms grâce aux déterminants.

Avec le déterminant, on peut donc construire facilement de nou­veaux groupes nominaux à partir de n’importe quel composant de phrase. (suite...)

Sur ce point, le français est plus souple que le finnois, car ce dernier n’a pas d’article et est limité par les contraintes de la déclinaison. Par exemple, on ne pourrait pas traduire mot à mot en finnois le groupe prépositionnel dans ce je-ne-sais-quoi. C’est peut-être une des raisons qui font que la notion de déterminant n’a jamais été très utilisée dans la ter­minologie grammaticale finlandaise, qui se contente du terme de pronomini (voir p. 2).