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Le genre des noms à référent animé : termes opposés, formes épicènes

1. Généralités

Les noms peuvent avoir deux genres, masculin ou féminin. Il faudrait en fait y ajouter un troi­siè­me genre, le neutre (dans par exemple j’écoute du Beethoven), mais celui-ci ne se distingue pas for­mel­lement du mas­culin. Le masculin s’utilise également avec une valeur générique qui peut représenter tous les mas­culins et les féminins pris ensemble : les électeurs, les Français, les usagers, un seul candidat (homme ou femme). La forme grammaticale du masculin véhicule donc trois genres : masculin, mas­culin+féminin, neutre

Le genre des noms ne correspond que rarement au genre biologique (c’est par exemple le cas avec les ani­més). Le plus souvent, le genre est arbitraire, on trouve ainsi même des féminins pour désigner un animé masculin (sentinelle) ou l’inverse. Le genre a été fixé par l’histoire de la langue, au cours de laquelle les chan­gements de genre ont été fréquents, et des changements continuent de se produire, car la langue évo­lue sans cesse.

Quand le nom désigne un animé, le genre est déterminé biologiquement par le référent du nom en ques­tion. Il y a plusieurs possibilités :

2. Termes opposés

Dans certains cas, le masculin et le féminin ont chacun une forme propre :

une fille / un garçon, une femme / un homme, une tante / un oncle
une poule / un coq, une hase / un lièvre, une biche / un cerf

De nombreux noms d’animaux usuels n’ont qu’une seule forme, soit masculine soit féminine, qui désigne l’animal de façon générique (mâle ou femelle). Dans le cas de certains animaux, il existe en outre des ter­mes spé­cia­lisés pour désigner le mâle ou la femelle :

cochon sika – verrat karju – truie emakko
cheval hevonen – étalon ori – jument tamma

Certains noms ont des formes assez nettement différentes au masculin et au féminin, mais qui reposent sur un radical commun. Le nombre de ces paires est limité :

roi / reine, fils / fille, héros / héroïne, serviteur / servante
neveu / nièce, compagnon / compagne, copain / copine

3. Formes épicènes

On désigne par le terme d’épicène :

a. des noms (ou des adjectifs) n’ayant qu’un genre, quel que soit le sexe de la personne ou de l’animal qu’ils dé­signent. Le terme peut selon les cas renvoyer à un référent masculin ou féminin (dans le cas des ani­maux, soit mâle soit femelle) :

un individu, une personne, une victime
un témoin, une sentinelle, une vigie
une vedette, un dauphin, un brochet
une baleine, une souris, un lapin

S’il faut préciser le genre, on ajoute l’adjectif masculin/mâle ou féminin/femelle :

une vedette masculine miestähti
la femelle du dauphin naarasdelfiini
un serpent femelle naaraspuolinen käärme
une baleine mâle valaan uros
le mâle de la souris / une souris mâle hiiren koiras

b. des noms (ou des adjectifs) ayant une forme unique pour désigner les individus des deux sexes bio­lo­gi­ques, mais qu’on peut employer avec un déterminant masculin ou féminin selon qu’ils renvoient à un animé masculin ou féminin :

un/une collègue, un/une camarade, un/une journaliste
un/une élève, un/une dentiste, un/une secrétaire
un/une juge, un/une ministre, un/une médecin, un/une chef

Un enfant / une enfant…

Le mot enfant est le plus souvent au masculin du fait de sa valeur générique : Julie n’est plus un enfant. On peut dire cependant indifféremment Cette fille est un enfant intelligent ou une enfant intelligente.