Vous êtes ici : Le groupe nominal » Le déterminant, le nom et l’adjectif » L’adjectif
26. Le féminin de l’adjectif

1. Généralités

L’adjectif s’accorde en genre et en nombre. Les règles de formation du féminin et du pluriel sont les mê­mes que celles concernant le nom. À l’écrit, on forme généralement le féminin de l’adjectif en ajoutant simplement un e à la forme masculine. Comme dans le cas des noms, cet e ne s’entend pas. Mais au fé­mi­nin, la consonne finale muette du masculin peut devenir « active » et se prononcer. Ces cas pro­vo­quent souvent des erreurs chez les finnophones, qui ont tendance à prononcer de façon erronée la consonne au masculin aussi (court pro­non­cé [kuʀt]).

Dans d’autres cas, l’ajout d’un e entraine aussi d’autres transformations phonétiques (aperture de la voy­elle, dénasalisation, etc.). L’ordre de présentation des règles ci-dessous tient donc compte des aspects pho­né­tiques, car ils sont importants pour les finnophones, et suit la présentation du féminin des noms (p. 14 et suivantes).

Remarque : toutes les règles exposées ci-dessous concernent aussi le participe passé, qui se comporte formellement comme un adjectif.

2. Formes épicènes

Dans le plus simple des cas, le féminin et le masculin sont épicènes (voir p. 14 §3) : l’adjectif masculin se ter­mi­ne par un e et dans ce cas il n’y aucune transformation au féminin, qui est identique au masculin :

moderne, tranquille, jeune, rouge, pratique, bizarre, propre

3. Ajout d’un e sans changement phonétique

a. Quand l’adjectif est terminé par une voyelle, à l’écrit on forme le féminin en ajoutant simplement un e, et la prononciation ne change pas (ces adjectifs sont épicènes phonétiquement). C’est également le cas lors­que l’adjectif est terminé par un l ou un r (sauf la fi­nale er) :

poli → polie, bleu → bleue, tordu → tordue, jauni → jaunie
revenu → revenue, parvenu → parvenue, admiré → admirée etc., exception : favori → favorite
banal → banale, espagnol → espagnole
spécial → spéciale, seul → seule, civil → civile, vil → vile, exception : gentil [ʒɑ̃ti] → gentille [ʒɑ̃tij]
noir → noire, dur → dure

b. Les adjectifs terminés par gu prennent un tréma sur l’u pour éviter la lecture du graphème gue comme [g] comme dans vague, longue etc. :

aigu → aigüe, exigu → exigüe
contigu → contigüe, ambigu → ambigüe

Comparer la prononciation sans tréma et avec tréma :

ligue [lig] vs cigüe [sigy]
aigue [ɛg] vs aigüe [ɛgy]

Cette graphie est la graphie préconisée par les recommandations orthographiques de 1990, mais on trouve encore cou­ram­ment l’ancienne graphie avec tréma sur l’e : aiguë, ambiguë, etc.

Aigue et aiguë

Le mot aigue (du latin aqua) s'utilise dans des composés comme aigue-marine ou Aigues-Mortes. Cf. aussi aiguière vesikannu.

c. Les adjectifs en -eur font normalement leur féminin en -euse (voir p. 28 §1b), mais dix adjectifs en -eur (qui sont issus de comparatifs latins) ont un féminin régulier en -e :

antérieur, postérieur, supérieur, inférieur, extérieur, intérieur, majeur, mineur, meilleur, ultérieur
→ antérieure, postérieure, supérieure, etc.

d. Dans les mots terminés par -el (et aussi l’adjectif nul) ou -eil, il y a redoublement du l au féminin, mais la pro­nonciation ne change pas :

solennel → solennelle, éternel → éternelle, partiel → partielle, nul → nulle
pareil → pareille, vermeil → vermeille

e. Le t final de certains adjectifs se prononce au masculin aussi, l’ajout de la marque du féminin e ne modifie donc pas la prononciation :

direct → directe, mat → mate, brut → brute
Mais : net → nette (avec deux t au féminin, pour garantir la lecture [ɛt] du groupe ette )

f. Le s final de certains adjectifs se prononce au masculin aussi, l’ajout de la marque du féminin e entraine un redoublement du s (pour éviter la lecture de s comme [z]), mais ne modifie pas la prononciation, qui est identique à celle du masculin :

métis → métisse, exprès → expresse