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37. L’infinitif complément de l’adjectif

1. Constructions adjectif à infinitif

L’adjectif peut aussi être complété par un verbe dans la construction du type adjectif à infinitif (facile à lire, impossible à accepter). Cette construction est très fréquente en français. Elle n’a pas d’équivalent formel en finnois. Pour une analyse détaillée de la construction, voir p. 40 :

Je veux un livre facile à lire.
C’était un spectacle horrible à regarder.
Cette grande maison est difficile à chauffer.

L’infinitif complétant un adjectif dans ce genre de construction est donc toujours introduit par la prépo­si­tion à. Il n’existe pas de constructions telles que les suivantes :

*facile de faire : **un travail facile de faire
*étonnant de lire : **une nouvelle étonnante d’apprendre
*important de savoir : **une chose importante de savoir
*impossible d’accepter : **un comportement impossible d’accepter, etc.

pas plus qu’en finnois on ne pourrait dire *se on helppo tehdä työ, *se on yllättävä kuulla uutinen, *se on mah­do­ton hyväksyä käytös etc.

Remarque : ne pas confondre cette construction avec les constructions infinitives (il est facile de critiquer), dans les­quel­les de est un subordonnant. Voir :

2. Autres constructions avec infinitif

Il existe aussi d’autres types de compléments d’adjectif introduits par la préposition à, qui ne doivent pas être confondus avec la construction présentée au §1 ci-dessus.

a. L’infinitif peut exprimer une conséquence :

Le bus était plein à craquer [le bus était si plein qu’il était sur le point de craquer].
C’était un film à hurler de rire [un film si amusant qu’on en aurait hurlé de rire].
Son dernier roman est nul à pleurer [si nul qu’on en pleurerait].
Il était maigre à faire peur [si maigre qu’il faisait peur].

Cet emploi n’a pas d’équivalent direct en finnois, on utilise soit un adjectif particulier (täpö­täyn­nä, rat­ki­rie­mu­kas), soit une construction consécutive niin... että… etc.

b. La préposition à peut exprimer un processus, dans certaines expressions comme être long à faire qch, qui signifie « mettre beaucoup de temps pour faire qch », ou d’autres adjectifs similaires :

J’ai été assez long à comprendre, mais maintenant avec tes explications tout me parait parfaitement clair.
Le service clientèle de ce FAI est en général très long à répondre.
Si tu n’as pas de nouvelles de moi, ne t’inquiète, pas, je ne suis pas toujours rapide à répondre.
Ce logiciel est vraiment très lent à démarrer.

La construction adjectif à infinitif peut donc s’interpréter de différentes manières :

Jean a été long à accepter.
= Jean a mis du temps avant d’accepter.
[Jean est le sujet logique d’accepter.]

Jean a été long à convaincre.
= Il a fallu beaucoup de temps (par exemple à Amélie) pour convaincre Jean.
[Jean est l’objet logique de convaincre.]