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82. Expressions idiomatiques

1. Expressions figées

L’article zéro s’utilise dans de nombreuses expressions idiomatiques verbales ou autres. Ces formes sont en général constructions figées qui sont la survivance d’un stade de la langue française où l’utilisation de l’article n’était pas encore définitivement fixée.

– après certains verbes :

avoir : avoir besoin de, avoir confiance en, avoir envie de, avoir faim, avoir honte, avoir peur, avoir raison, avoir pitié de, avoir tort, avoir affaire à olla tekemisissä kanssa, avoir conscience de olla tietoinen, avoir cours vallita, olla voimassa, avoir droit à olla oikeutettu jhk, avoir tendance à, avoir peine à faire qch olla vaikeuksia tehdä et de nombreux autres

faire : faire attention, faire cavalier seul sooloilla, faire peur, faire plaisir, faire défaut puuttua, faire pitié olla säälittävä, faire don de qch lahjoittaa, faire état de kertoa jstak, faire cas de väittää, faire grand cas de pitää suuressa arvossa ; faire eau vuotaa, faire erreur erehtyä, faire face (à) kohdata, faire faillite mennä konkurssiin, faire fonction de toimia jnak, faire halte pitää tauko, faire illusion hämätä, faire irruption tunkeutua, faire (la) grève, faire part de ilmoittaa, faire partie de olla osana jtak, kuulua jhk, faire vœu de luvata, faire rage raivota, faire place à antaa sijaa

être : être source de, être partie prenante

divers : chercher fortune, crier grâce huutaa armoa, demander pardon, livrer bataille käydä taistelua, perdre connaissance mennä tajuttomaksi, perdre haleine hengästyä, porter plainte nostaa kanne, porter bonheur, rebrousser chemin palata, se rendre compte, tenir parole pitää sanansa, prendre forme muotoutua, chercher querelle haastaa riitaa, prendre part à osallistua, tenir lieu de käydä (jstak), prendre parti valita, prêter main-forte à auttaa, tenir tête à vastustaa, prendre place asettua, prendre congé hyvästellä, erota, porter secours à auttaa, parler français (voir faq p. 93), refaire surface, reprendre souffle, retrouver vie, tirer profit de qch hyötyä jstak

– dans certaines locutions :

aller pieds nus, de pied en cap kiireestä kantapäähän, périr corps et biens upota miehineen päivineen
se consacrer à quelque chose corps et âme antautua jollekin täysin, il y a anguille sous roche siinä on koira haudattuna

Remarque :  ces expressions peuvent parfois recevoir un déterminant ou un adjectif :

Il a eu une peur bleue.
J’ai eu la peur de ma vie.
J’ai une faim de loup.
Elle à une fâcheuse tendance à arriver toujours en retard.

Mais, dans la majorité des cas, comme elles sont figées, ces expressions ne peuvent pas être mo­di­fiées par un adjectif ou un déterminant sans qu’elles deviennent agram­ma­ti­ca­les ou étranges (ou elles prennent un sens différent). Ce­pen­dant, dans cer­tains cas, on peut y ajouter un élément, voir la liste indicative p. 91.

2. Il y a + gn sans article

On utilise l’article zéro dans des constructions formées avec le verbe il y a, qui expriment l’idée que quel­que chose s’est produit ou se produit. Cette tournure est assez fréquente dans le discours scien­ti­fi­que, pé­da­go­gi­que ou technique :

Il y a foule dans ce magasin. Tässä kaupassa on tungosta.
Est-ce qu’il y a moyen de changer ? Onko mitenkään mahdollista vaihtaa? [légèrement familier]
Il y a erreur. On tapahtunut erehdys.
Il y a confusion. On tapahtunut sekaannus.
Il y a urgence ! Asialla on erittäin kiire!
Il y a chute du e muet. Mykkä e heittyy.
Dans ce cas-là, il y a occlusion. Silloin tapahtuu okkluusio.
Dans vingt- deux, il y a nasalisation de t devant d. Sanassa vingt-deux t nasaalisoituu d:n edellä.
Quand un neutron heurte un noyau, il y a explosion. Kun neutroni törmää ytimeen, tapahtuu räjähdys.
Quand il y a mise en relief, le pronom il à référent animé prend la forme lui. Jos elolliseen viittaavaa pronominia il korostetaan, sen muoto on lui.

3. Si ... il y a

Cette forme avec article Ø se rencontre fréquemment dans des constructions conditionnelles avec in­ver­sion de l’objet direct (cod) sous la forme si cod il y a. Dans cette construction, le GN correspond à la forme nominale d’un verbe, et elle permet notamment d’effacer l’agent de l’action :

Si rachat il y a, il y aura de toute façon des licenciements.
(= Si quelqu’un rachète l’entreprise, il y aura des licenciements).
C’est bien un des objectifs poursuivis, mais si amélioration il y a, celle-ci ne se manifestera qu’à long terme.
À leur retour, si retour il y a, les enfants pourront refuser de revoir celui qui les a abandonnés.
Si division il y a, le champ de l’image est en général partagé en deux parties juxtaposées.

Cette tournure s’utilise aussi comme un commentaire après une phrase, pour marquer une restriction ou un doute (jos nyt edes, jos … ylipäätään, edellyttäen että...) :

Ce sera l’occasion de voir la progression, si progression il y a !…
Ils ont dû bien fêter l’évènement avant de monter sur scène... même avant de préparer le spectacle (si préparation il y a eu...). 

4. Si besoin est

On trouve une variante de cette construction dans laquelle le verbe il y a est remplacé par est : si besoin est, qui signifie « si c’est nécessaire ». Malgré sa forme archaïque, cette construction est relativement courante à l’écrit. On la trouve aussi fréquemment avec le verbe à l’imparfait, qui signifie alors « si cela était nécessaire/ si cela avait était nécessaire » :

L’exploitant procède à une estimation et, si besoin est, à un mesurage du niveau d’exposition sonore quotidienne.
Ce rapport démontre à nouveau, si besoin était, l’importance d’une analyse socioéconomique approfondie.