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134. Les adjectifs numéraux

1. Formes

Pour former l’adjectif numéral (appelé traditionnellement « adjectif numéral ordinal »), on ajoute au dé­ter­minant numéral le suffixe -ième. Dans la langue parlée, on forme même l’interrogatif combientième, qui correspond au finnois monesko, voir p. 556. Si le mot se termine par -e, cet e est supprimé, voir tableau p. 139 :

deux → deuxième, trente-et-un → trente-et-unième [tʀɑ̃teynjɛm]
cent-trois → cent-troisième, dix-sept → dix-septième
cent → centième, six-mille → six-millième

2. Exceptions

Comme en finnois, l’ordinal de un est irrégulier : premier, première. Mais, contrairement au finnois, on n’utilise cette forme que pour le nombre 1. Les ordinaux des autres nombres se forment avec l’adjectif unième. Comme dans le cas du déterminant numéral (ordinal), les adjectifs numéraux formés sur 81 et 91 ne comportent pas d’élément et (voir p 131 §2) :

premier
onzième
kahdeskymmenesensimmäinen vingt-et-unième
trente-et-unième
cinquante-et-unième
soixante-et-unième
soixante-et-onzième
quatre-vingt-unième
quatre-vingt-onzième
cent-unième

La forme de l’adjectif numéral formé sur neuf est neuvième :

dix-neuvième, quarante-neuvième etc.

3. Deuxième vs second

L’adjectif numéral correspondant à deux a deux formes possibles : deuxième ou second (prononcé [səgɔ̃] avec [g]). Dans les nombres composés, on utilise uniquement deuxième (vingt-deuxième, cinquante-deu­xième etc.).

Second signifie à l’origine « suivant ». La forme second s’utilise normalement pour désigner le deuxième d’un groupe de deux (un premier et un second). Cette règle, qui est sans cesse mise en avant par la tradition scolaire et les puristes, est contredite par de nombreux cas :

le second set toinen erä [au tennis ; s’utilise pourtant même s’il y a eu 3, 4 ou 5 sets durant la partie]
rouler en seconde ajaa kakkosvaihteella [et pourtant dans une voiture, il y a en général 5 ou 6 vitesses]

Plus d’exemples…

le second étage [ensimmäinen kerros, même dans les immeubles où il y a par exemple dix étages]
le second volet de cette réforme [même si la réforme compte trois ou quatre volets ; ici second est proche de son sens originel de « suivant »]
une équation du second degré [toisen asteen yhtälö; pourtant, il y a des équations du 3e degré, du 4e etc.]
Notre champion national est arrivé second. [alors qu’après lui il y avait des dizaines d’autres concurrents] etc.

En fait, en français moderne, second s’utilise essentiellement dans la langue écrite ou bien dans des grou­pes qui sont plus ou moins figés (comme dans les exemples ci-dessus) et où second et le nom forment un ensemble pratiquement lexicalisé. Aux exemples cités ci-dessus, on peut ajouter ainsi des expressions figées :

Le Second Empire toinen keisarikunta [Napoléon III, 1851-1871]
en secondes noces toisessa avioliitossa
la classe de seconde, la seconde lukion 1. luokka [1]

Bon à savoir pour les apprenants de FLE…

L’apprenant de FLE a intérêt à mémoriser ces cas rentrés dans l’usage. Dans les autres cas, il vaut mieux utiliser la forme deuxième. Dans la langue parlée, on préfère de toute façon la forme deu­xiè­me :

la seconde moitié = la deuxième moitié
la seconde manche toinen erä = la deuxième manche
son second mari = son deuxième mari
la seconde édition = la deuxième édition