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169. Préposition et article devant les jours de la semaine

En finnois, quand on indique que quelque chose s’est produit tel ou tel jour de la semaine, le jour de la semaine est toujours à l’essif (maanantaina, torstaina, etc.). En français, les jours de la semaine ne sont dans ce cas pas précédés d’une préposition comme à (mais par est possible, voir §4 ci-dessous) et en outre, la pré­sence ou l’absence de l’article ainsi que la forme de l’article modifient le sens.

1. Ancrage dans l’énonciation

Quand on renvoie à un jour de la semaine par rapport au moment où on parle (autrement dit quand on est dans l’énonciation de discours, p. 501), le jour de la semaine s’emploie seul, sans préposition et sans ar­ti­cle. Si on est le mercredi 5 aout, et qu’on dit :

Michel est arrivé lundi. Il repart samedi.

le mot lundi désigne le lundi 3 aout et le mot samedi, le samedi 8 aout. De même avec les adjectifs dernier et prochain :

Michel est arrivé lundi dernier.
Il repart samedi prochain.
Elle est rentrée hier, mais elle repart déjà dimanche.
Inès est passée mardi, et elle repassera après-demain.
Nos amis sont arrivés lundi dernier et ils repartiront mardi prochain.

En général, quand on dit il est arrivé lundi, on renvoie implicitement au lundi qui a précédé le moment de l’énonciation. Tandis que si on dit lundi dernier, on renvoie à priori au lundi de la semaine précédente (dans cet exemple, le 27 juillet). C’est la même chose en ce qui concerne il repart samedi / il repart sa­me­di prochain. Il en va de même en finnois : Hän tuli maanantaina / Hän tuli viime maanantaina. Mais, en fran­çais comme en finnois, la référence peut être plus ou moins évidente en fonction du contexte, et il peut parfois être nécessaire de préciser : lundi de la semaine dernière, le samedi qui vient (finnois nyt tulevana lauantaina) etc.

2. Énonciation de récit

Si on ne renvoie pas à un jour en rapport avec le moment où on parle, mais à un jour quelconque dans le pa­ssé ou l’avenir, donc dans l’énonciation de récit (p. 501), le jour est précédé de l’article défini (mais tou­jours sans préposition) :

Vieraamme saapui maanantaina ja lähti lauantaina. Me viivyttiin vielä kaksi viikkoa mökillä.
Notre visiteur est arrivé le lundi et il est reparti le samedi. Nous, on est restés encore deux semaines au chalet. 
Nos invités arrivèrent le vendredi ou samedi au soir, je ne me souviens plus. Nous leur avions réservé un accueil digne de ce nom.

On utilise aussi l’article défini si le jour est suivi de l’adjectif précédent ou suivant :

Nos amis arrivèrent le lundi précédent et ils repartirent le mardi suivant.
Michel était arrivé le lundi d’avant et il est reparti le samedi suivant.
Elle était rentrée la veille, mais elle repartait déjà le dimanche suivant.
Inès était passée le mardi, et elle repasserait le surlendemain.

Sur la différence entre dernier/précédent, prochain/suivant, hier/la veille, demain/le lendemain etc., voir p. 626. La distinction entre lundi / le lundi est source d’erreurs fréquentes chez tous les ap­pre­nants FLE, qu’ils soient finnophones ou autres. Pourtant, l’article n’ajoute pas ici une simple « nuance » : il joue un rôle important dans le sens et la grammaticalité des énoncés. Une phrase comme *Michel repartira le lundi prochain est complètement agrammaticale en français.

3. Dates répétées régulièrement

Quand on indique qu’un évènement se produit régulièrement tel ou tel jour (suffixe -sin en finnois, tiis­tai­sin), on utilise l’article défini singulier ou pluriel, sans préposition :

En France, il y a un grand débat sur l’ouverture des magasins le dimanche.
Les musées sont en général fermés le mardi.
Terrasse accueillante ouverte l’après-midi et le soir. Miellyttävä terassi avoinna iltapäivisin ja iltaisin
La Ferme de Cocherel. Gastronomie française. Fermé le mardi et le mercredi [publicité de restaurant].
Jusqu’au 24 septembre, plus de 20 musées et palais du Portugal sont ouverts au public les jeudis jusqu’à minuit.
Cette route est très encombrée le weekend.

Il n’y a aucune différence de sens entre le singulier et le pluriel, mais le singulier semble être nettement plus fréquent dans l’usage courant.

L’ouverture des magasins le dimanche…

Dans le débat sur l’ouverture des magasins le dimanche qui a fait rage en France en 2009, c’était justement la forme le dimanche qui était pratiquement la seule utilisée.

En revanche, si on ajoute un pluriel comme et les jours fériés, c’est la forme ouverture des magasins les dimanches et les jours fériés qui prédomine. Le pluriel se trouve souvent sur des affiches ou écriteaux divers à l’entrée d’édi­fi­ces publics, mais ce n’est pas une règle absolue, l’usage est flottant. On peut utiliser le pluriel quand on met en commun plusieurs jours ou quand on restreint la catégorie à une période dé­fi­nie (le singulier a donc une valeur plus générique que le pluriel, voir p. 69 §) :

Le restaurant est fermé les dimanches soirs, lundis soirs et les mardis toute la journée.
La piscine sera fermée les lundis de juillet. [Juillet comptant au moins 4 lundis, on ne peut pas utiliser le singulier ici.]

4. Avec article indéfini

Le jour peut aussi être précédé d’un article indéfini. Celui-ci signifie que l’on précise le « nom » du jour en ques­tion (p. 54 §3) :

Il est né un vendredi.
La catastrophe s’est produite un mardi.
Nous avons emménagé un samedi.
Cette année-là, la Toussaint était un jeudi, on pouvait donc faire le pont.

L’article indéfini s’utilise aussi quand on caractérise le jour par un adjectif ou une construction analogue. Dans ce cas-là, le GN est le plus souvent précédé de la préposition par (p. 155 §3) :

Un beau lundi du mois de mai, la nouvelle tant attendue arriva enfin.
Il mourut un lundi d’automne. Une pluie lourde battait la campagne.
On rentrera un samedi, donc il risque d’y avoir beaucoup de circulation, mais au moins il n’y aura pas de camions sur l’autoroute.
Cette année, la Toussaint sera un jeudi.
Rien de tel par un dimanche pluvieux que de rester bien au chaud à la maison.