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175. Généralités

1. Principes généraux

En français comme en finnois, on classe dans la catégorie des adverbes des mots invariables au com­por­te­ment et aux fonctions assez différentes. On range ainsi dans la même grande catégorie des mots comme ne, oui, très ou ici, et pourtant aucun de ces quatre mots ne peut s’employer dans la même posi­tion. Ce chapitre n’est toutefois pas consacré à l’étude de la classe de l’adverbe, mais à l’emploi de celui-ci du point du vue du FLE. Dans l’ensemble, les adverbes s’utilisent de la même manière en finnois et en français, et, du fait de leur invariabilité, ne posent que deux problèmes notables du point de vue de l’apprentissage du FLE par les finnophones :

  1. un problème de lexique, à savoir l’apprentissage des différentes nuances et valeurs des adverbes (dont certains se ressemblent parfois de façon trompeuse). Il s’agit donc avant tout d’un pro­blè­me d’apprentissage de vocabulaire ;
  2. un problème plus proprement syntaxique et plus difficile, celui de la place de l’adverbe. La place de l’adverbe est d’ailleurs souvent liée au sens de l’adverbe (et donc elle aussi en partie une ques­tion de vocabulaire), certains adverbes ayant une signification différente en fonction de leur po­si­tion dans la phrase et de la portée de l’adverbe. Dans l’ensemble, ces variations se produisent en finnois comme en français et n’ont rien de vraiment surprenant pour les ap­pre­nants FLE, mais il existe évidemment des différences entre les deux langues, dues notamment aux différences de sens.

2. Portée de l’adverbe

Un certain nombre d’adverbes modifient l’interprétation de tel ou tel élément de l’énoncé ou de la phrase. L’étendue de ces éléments peut varier. Cette étendue peut être définie comme la portée (vaikutusalue) de l’adverbe, une notion qui permet de comprendre le comportement différent de certains adverbes à place variable. Comparer :

Tirez franchement pour ôter la capsule. [portée limitée au verbe]
Franchement, je trouve que ce n’est pas très intéressant. [portée étendue, l’adverbe porte sur toute l’assertion]

3. Catégories d’adverbes

Les catégories de la grammaire scolaire, adverbes de lieu, de manière, de quantité etc. sont utiles pour classer certains mots (au moins dans des tableaux de vocabulaire) et clarifier cer­tai­nes oppositions pro­blé­matiques pour les finnophones : on peut ainsi souligner l’opposition en­tre vä­hän adverbe de quantité (peu) et vähän déterminant de quantité (peu de), entre l’ad­ver­be ulkona (dehors) et la pré­po­sition ulkona (hors de, voir p. 151), ou entre l’adverbe de temps ennen (avant) et l’adverbe de lieu ennen (devant) etc. Dans les trois cas mentionnés, le finnois utilise un mot identique là où le français oppose deux formes.­

Ces dénominations peuvent donc apporter une aide dans l’apprentissage du vocabulaire et l’a­na­ly­se de certaines structures morphosyntaxiques (en permettant au moins de les nommer commodément). Mais, sur le plan sémantique, ces catégories n’apportent guère d’informations et ne présentent pas réellement d’utilité en ce qui concerne le problème principal, celui de la place de l’adverbe.

C’est pour cette raison que l’adverbe est étudié dans ce chapitre essentiellement sous l’angle de ses pro­priétés de cons­truc­tion et de sa place, selon un classement qui s’inspire de celui de la GMF (p. 647 et sui­van­tes). Les adverbes seront classés en adverbes à place fixe (p. 178) et en adverbes mobiles (p. 179 et p. 180). Ces deux grandes catégories ont été retenues comme mode de classement commode et ne sont pas tout à fait strictes.