Vous êtes ici : Prépositions et adverbes » Les adverbes
179. Adverbes mobiles à portée limitée

1. Adverbes portant sur un verbe

Quand l’adverbe porte sur un verbe, il se place après le verbe. Aux temps composés, il se place nor­malement entre l’auxiliaire et le participe ; dans les questions avec inversion, il se place après le sujet inversé :

Il fait encore très chaud.
Ce soir, on ira peut-être à la pêche.

Plus d’exemples…

Serez-vous bientôt prêt ?
Tu es déjà levée ?
Georges a aussi acheté une voiture française.
J’ai souvent pensé qu’on pourrait raconter toute sa vie seulement avec des chansons et des photos.
Ont-ils enfin compris ce qu’ils devaient faire ?

Les adverbes de manière en -ment à valeur descriptive se placent cependant en général après tout le groupe verbal auxiliaire  + participe ; les adverbes non descriptifs comme vraiment, réellement ou ef­fec­ti­ve­ment se placent entre l’auxiliaire et le participe :

Ils ont procédé prudemment.
L’élève a progressé constamment.

Plus d’exemples…

Ils ne s’étaient pas vraiment préoccupés de préparer ce long voyage avec tout le soin nécessaire
Une source gouvernementale a confirmé que des rebelles avaient effectivement pris position dans la ville.

2. Important !

En finnois (et en anglais), l’adverbe peut se placer entre le sujet et le verbe :

Minä jo tiesin sen. I already knew it.
He vain yrittävät ansaita rahaa. They only try to make money.

En français, c’est impossible : on ne peut placer entre le sujet et le verbe que des pronoms con­joints et l’adverbe ne (p. 300 §3). Sous l’influence du finnois (influence probablement renforcée par l’anglais), les finnophones ont tendance à placer de façon erronée les adverbes entre le sujet et le verbe, notamment aussi, déjà, souvent etc. Exemple de productions authentiques :

*On constate que seulement la formation du présent est expliquée dans ce manuel. [forme correcte : On constate que seule la formation du présent est expliquée...]
*L’anglais probablement sera la lingua franca. [forme correcte : L’anglais sera probablement la lingua franca.]

Plus d’exemples…

*Le marqueur donc introduit un infinitif.
[forme correcte : Le marqueur introduit donc un infinitif.]
*Cependant, la leçon commence avec une partie orale où on possiblement parle de la tour Eiffel [comprendre : où on parle probablement de la tour Eiffel].
*L’objectif de ce mémoire est d’étudier si les manuels scolaires vraiment respectent et suivent les directives générales de l’enseignement. [forme correcte : … si les manuels scolaires respectent et suivent vraiment les directives…]

L’adverbe même est aussi assez souvent antéposé au verbe par les apprenants finnophones :

Asiantuntijat ovat jopa sitä mieltä että... *les spécialistes même pensent que... [forme correcte : les spécialistes pensent même que...]

Ceci concerne particulièrement les adverbes aussi, déjà, donc, seulement, toujours, souvent et oc­ca­sion­nel­lement d’autres adverbes aussi. La place de l’adverbe est, normalement, après le ver­be (voir aussi p. 182) :

Sinä myös tulet. → Tu viens aussi. ou Tu viens toi aussi. (voir p. 305 §3)
Tutkimus siis osoittaa, että kyseisillä ilmiöillä ei ole yhteyttä toisiinsa. L’étude montre donc que les phénomènes en question ne sont pas liés.

Plus d’exemples…

Sinä aina arvostelet kaikkea, mitä muut tekevät. → Toi tu critiques toujours ce que les autres font.
Turistit usein ostavat hotellipalvelut matkanjärjestäjiltä.→ Les touristes achètent souvent les prestations hôtelières auprès des voyagistes.
Kaikki jo tiesivät, että kokous on peruutettu. → Tout le monde savait déjà que la réunion avait été annulée.

Remarque : le mot donc est aussi un adverbe, et non pas une conjonction de coordination. [...]

Bien que donc figure dans la liste des conjonctions de coordination mais ou et donc or ni car (c’est la fameuse ritournelle mnémotechnique de la grammaire scolaire « Mais où est donc Ornicar ? »), il s’agit d’un adverbe et non d’une conjonction (voir aussi or, p. 521 §2). Il peut ainsi se placer après le verbe, comme n’importe quel autre adverbe (a) et (b), position qui est exclue pour une conjonction de coordination (c) :

(a) Cela prouve donc/ainsi/seulement/ clairement que...,
(b) on a donc démontré que..., etc.
(c) **Cela prouve mais que...

Sur la manière de traduire l’adverbe finnois vain, voir p. 570. Sur la place de l’adverbe aussi, voir p. 181.