Vous êtes ici : Prépositions et adverbes » Les degrés de comparaison » Le comparatif
186. Le comparatif de l’adjectif

1. Le comparatif de l’adjectif

Le comparatif se forme en plaçant devant l’adjectif l'adverbe plus, aussi ou moins, et en ajoutant que devant le GN qui est le complément du comparatif. Le comparatif peut s’appliquer à des adjectifs attributs ou épithètes (antéposés ou postposés). Dans les phrases négatives, aussi… que peut être rem­pla­cé par si… que :

Il est plus appliqué que son frère.
Elle est moins susceptible que sa sœur.
C’est aussi difficile qu’avant.
Le coffre de ma nouvelle voiture n’est pas si grand que celui de la précédente.
Ce n’était pas si difficile que ça !

Dans la langue écrite, on peut aussi utiliser si avec une valeur comparative (« aussi ») dans les cons­truc­tions interrogatives :

Y avait-il rien de si beau que ce spectacle ?

2. Comparatifs irréguliers

L’adjectif bon a un comparatif irrégulier, meilleur(e) :

Cette route de terre est meilleure que certaines départementales goudronnées.
Cette glace est meilleure que la tienne.

L’adjectif composé bon marché (halpa) devient meilleur marché (halvempi). Comme le positif de cet ad­jec­tif, le comparatif est invariable :

Les raisins sont meilleur marché en automne, mais les grenades ne sont jamais bon marché. 

Les adjectifs petit ja mauvais ont aussi une forme de comparatif irrégulière :

plus petit → moindre
mauvais → pire

Cependant, ces formes ont un sens différent du comparatif régulier formé avec plus : plus petit, plus mauvais (dans le cas de bon, en revanche, on ne dit pas plus bon, mais seulement meil­leur), comme le résume le tableau suivant :

positifcomparatif
petitplus petit pienempi
moindre vähäisempi
mauvais plus mauvais huonompi
pire pahempi

3. Moindre

Le comparatif moindre a le sens de « moins important », « moins grave » (vähäpätöisempi, vähemmän tär­keä). Sa forme indique que c’est un comparatif d’infériorité (même racine que moins) et il ne correspond pas à plus petit mais plutôt à moins grand. On l’utilise essentiellement dans la langue écrite :

un pouvoir d’achat moindre pienempi ostovoima
La croissance pour le deuxième trimestre serait moindre que prévu.
Les tests applicatifs montrent qu’en pratique, les écarts sont moindres que dans les tests spécifiques.

La forme moindre s’utilise également dans la langue courante dans certaines expressions quasiment fi­gées :

un moindre mal pienempi paha
à moindres frais pienemmin kustannuksin, vähemmällä [vaivalla]
de moindre importance vähemmän tärkeä
de moindre qualité huonompilaatuinen

4. Pire

Le comparatif pire s’emploie à la place de plus mauvais :

– en parlant de personnes, avec une nuance morale (même opposition qu’en finnois huonompi / pahempi) :

Sa sœur est encore pire que lui. Hänen sisarensa on vielä häntä pahempi.
Tu es pire qu’un gosse ! Olet pahempi kuin pikkulapsi!

– en parlant de choses avec le sens de « plus grave », « plus dangereux », « plus nuisible » (finnois pa­hem­pi). La forme pire n’est donc pas à proprement parler le comparatif de mauvais, mais plutôt de grave, dan­ge­reux, sérieux, etc. :

La situation est pire que je pensais.
Le remède était pire que le mal.
Dans cette cantine, la nourriture est encore pire qu’au restaurant universitaire.

La forme pire s’emploie également dans certaines locutions ou expressions figées :

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
J’en ai vu de pires. Olen pahempaakin nähnyt.

5. Place de l’adjectif comparatif

Le comparatif de l’adjectif occupe la même place que celle qu’il occupe par rapport au nom que le positif cor­respondant :

un bon exemple → un meilleur exemple
une grave erreur → une plus grave erreur
une petite quantité → une plus petite quantité

Comme la forme du comparatif est plus longue que celle de l’adjectif positif, un adjectif normalement antéposé peut souvent se retrouver postposé quand il est au comparatif. Quand le comparatif est formé avec moins, il est presque systématiquement postposé :

C’est une longue route. → C’est une route moins longue.
Ce serait une grave erreur. → Ce serait une erreur plus grave. / Ce serait une plus grave erreur.

Si le comparatif a un complément (introduit par la conjonction que, voir p. 188), il est pratiquement tou­jours postposé. La forme meilleur peut rester antéposée :

C’était un chemin plus mauvais que l’autre.
C’est une meilleure solution que celle envisagée précédemment.