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187. Le comparatif de l’adverbe

1. Formation

Le comparatif de l’adverbe se forme de la même manière que celui de l’adjectif, avec les adverbes plus, aussi et moins :

Le comparatif d’infériorité s’emploie plus fréquemment en français qu’en finnois.
Cette année, nous n’avons pas fait de barbecue aussi souvent que l’an dernier.
En roulant moins vite que nous, ils sont quand même arrivés aussi tôt que nous.

Exceptions : le comparatif de bien est mieux, le comparatif de mal est pis :

Le malade se porte déjà mieux qu’hier.
La tarte a mieux réussi que la dernière fois.

2. Pis

Le comparatif pis (adverbe) s’utilise plus ou moins dans les mêmes cas que la forme pire (comparatif de l’adjectif mauvais, voir p. 186 §4). Il est pourtant nettement plus rare et relève essentiellement du style sou­te­nu, voire légèrement vieilli. Dans la langue courante (écrite et parlée), on le remplace par pire :

C’était encore pire que d’habitude.

La forme pis s’utilise cependant couramment dans certaines expressions figées :

Cela va de mal en pis. Kaikki menee yhä huonommin.
qui pis est... ja mikä pahempi …
Tant pis ! Ei voi mitään! Huono juttu!
Pis encore, … Mikä pahempi, …

3. Aussi / autant

Le comparatif d’égalité s’exprime avec l’adverbe aussi (yhtä) devant un adverbe, ou autant en fonction d’adverbe ou de pronom. L’adverbe autant est la combinaison de aussi et beaucoup (*aussi beaucoup ne s’emploie pas, voir ci-dessous). Autant peut également se combiner avec de pour former un déterminant complexe de quan­tité (voir p. 4 §2) 

La guérison ne progressait pas aussi rapidement qu’espéré.
Cette règle permet de résumer et d’expliquer tout le fatras antérieur aussi clairement que simplement.
Le chercheur déplorait de n’avoir pas obtenu autant de réponses à son questionnaire qu’il l’aurait souhaité.
Il émanait de sa personne, autant que de son esprit, un magnétisme dont son œuvre conserve la prodigieuse puissance.
Nous comptions collecter 10 000 euros, mais nous n’en avons pas eu autant.

Remarque : les formes de comparatif de beaucoup *aussi beaucoup que ou *aussi beaucoup de sont agrammaticales. Elles ressemblent trompeusement au finnois yhtä paljon (…) kuin et sont une source fréquente d’erreurs. L’équivalent français est toujours une forme avec autant (autant que/autant de, pas autant que/pas autant de). Voir p. 117.

4. Place du comparatif de l’adverbe

Le comparatif de l’adverbe peut, selon les cas, occuper la même position que le positif. Cependant, con­trai­rement au positif, on le place normalement après le verbe et non pas entre l’auxiliaire et le participe passé :

Michel est resté chez nous plus longtemps que l’an dernier.
Ils ont fait leur travail plus vite que vous.
(comparer : Ils sont vite rentrés chez eux).