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188. Le complément du comparatif

Le complément du comparatif est introduit par la conjonction que. Le complément peut être un GN (grou­pe nominal), une expression numérique, une proposition ou un infinitif.

1. Groupe nominal

Le complément du comparatif peut être un groupe nominal ou un pronom, ou un groupe quelconque qui tient lieu de circonstanciel (GN, adverbe) :

Un canoë est plus lourd qu’un kayak.
Leur maison est plus spacieuse que la nôtre.
Mon frère est plus grand que moi, ta sœur plus petite que toi.
Le temps est moins chaud qu’hier.
Le nouveau film de ce réalisateur est moins violent que celui qu’il a réalisé l’an dernier.

2. Adjectifs en -eur

Après les adjectifs terminés par -eur à valeur comparative (voir p. 26 §3c), on introduit le complément du comparatif avec la préposition à et non pas avec que. On ne peut pas non plus employer les adverbes plus ou moins, puisque l’ad­jectif a par nature le sens d’un comparatif de supériorité :

antérieur à aikaisempi kuin, supérieur à parempi kuin, etc.
Sa nomination au poste de directeur est antérieure à la fusion des deux sociétés. Hänen nimittämisensä johtajaksi tapahtui aikaisemmin kuin yritysten fuusio.
Ce tissu est d’une qualité nettement supérieure à celui-là. Tämä kangas on huomattavasti parempilaatuista kuin tuo.

3. Expression numérique : plus que / plus de

Devant un nombre, on utilise en général le comparatif plus de au lieu de plus que. Le comparatif plus de indique une quantité approximative (a). Plus que devant un nombre marque une véritable comparaison (b) :

Il y en avait plus de mille. Niitä oli runsaat tuhat.
Il y en avait plus que mille. Niitä oli enemmän kuin tuhat.

Noter cependant qu’en finnois niitä oli yli tuhat peut avoir les deux valeurs (plus que mille / plus de mille). Remarquer aussi que dans plus que l’s final de plus se prononce, [plyskə], alors que dans plus de il n’est pas prononcé, [plydə].

4. Proposition subordonnée

Le complément du comparatif peut aussi être une proposition subordonnée :

J’ai moins aimé le film que quand je l’ai vu pour la première fois.
Souvent, on est mieux reposé en faisant un petit voyage que si on passe ses vacances chez soi. 

Si la proposition est de type complétif, dans la langue écrite on utilise le ne explétif, associé ou non au pro­nom neutre le (pour le détail voir p. 565) :

Ce travail a duré bien plus longtemps que je ne pensais.
Tu aurais dû insister moins que tu ne l’as fait.
C’est bien plus important que vous ne sauriez l’imaginer.

5. Proposition relative

Contrairement au finnois, une relative peut rarement être directement complément d’un comparatif (se oli vai­keampaa kuin mitä luvattiin). Après la conjonction que, il faut rétablir un groupe nominal en utilisant le pro­nom incomplet celui/ce (p. 230) :

C’était plus difficile que ce qu’on nous avait promis.
Les régimes proposés dans les magazines sont moins efficaces que ceux que nous a prescrits la diététicienne.
Il n’y a pas de contes plus beaux que ceux que la vie a elle-même composés.
Il existe une meilleure solution encore que celle qui nous a été présentée ici.
Dans un temps aussi lointain que celui dont tu nous parles, je pilotais un ULM.
Ce n’est pas aussi simple que ce que vous m’aviez expliqué.

6. Proposition complétive introduite par que

Le complément du comparatif peut aussi être une proposition complétive. Comme la complétive est in­ro­dui­te par la conjonction que (että), on ne peut pas placer cette conjonction directement après la con­jonction comparative que (kuin), sinon on obtiendrait une suite *que que. En finnois, le problème ne se pose pas, puisqu’on utilise deux mots différents (kuin se että). En français, il faut ajouter un mot, en général le fait ou plutôt :

L’esprit des hommes a du mal à accepter ce constat à notre époque, mais nos descendants ne le trouveront peut-être pas plus problématique que le fait que la Terre est ronde.
Que tu le félicites avec du retard vaut toujours mieux le fait que tu ne lui écrives pas du tout.
Que vous connaissiez bien le vocabulaire est au moins aussi important le fait que vous maitrisiez bien la grammaire.
Je pense que l’heure est assez grave pour mettre en avant les compétences politiques du candidat plutôt que le fait que ce soit une femme ou un homme.
Je préfère qu’on me qualifie d’« omniprésident » plutôt qu’on me reproche d’être un « roi fainéant ».

7. Infinitif

Quand l’infinitif est complément d’un comparatif (p. 469 §4), il est régulièrement précédé du subordonnant de (p. 464) :

Ce serait plus sage que de partir.
Ce serait plus utile que de rester là les bras croisés.
Il n’a pas trouvé de meilleure solution que de revendre sa voiture.
Si tu n’as rien de mieux à faire que de regarder la télévision, tu pourrais aussi bien tondre le gazon.
En fait, il s’agit moins de remettre en question l’autorité de Virgile que de jouer avec celle-ci, voire de la renforcer.

Si on compare deux infinitifs, on n’utilise pas le subordonnant de :

Au début, apprendre le violon est plus difficile qu’apprendre le piano.
Dans cette situation, résister serait moins avantageux que renoncer.