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203. L’objet du verbe

1. Le com­plé­ment d’objet

Les com­plé­ments valenciels (p. 201 §4) qui font partie de la structure sémantique du verbe et qui com­plè­tent la structure d’un verbe dans une phrase sont appelés traditionnellement « com­plé­ments d’objet ». Le mot « objet » est à comprendre comme l’objet de l’action du verbe (en finnois verbin toiminnan kohde) et non pas comme le finnois esine. Le com­plé­ment d’objet peut indiquer des rapports sémantiques très divers, par exem­ple que l’action a un effet sur un objet (le voisin tond le gazon), mais exprime par exem­ple aussi des rap­ports de localisation :

Le château domine le village. = Au-dessus du village, il y a un château.
De grands tableaux décoraient les murs. = Sur le mur / Au mur, il y avait de grands tableaux.

2. Complément d’objet direct et indirect

Quand le com­plé­ment valenciel est rattaché au verbe directement, c’est-à-dire sans préposition, on dit traditionnellement que c’est un com­plé­ment d’objet direct (abrégé COD) ; quand le com­plé­ment valenciel est rattaché au verbe par une préposition, on dit que c’est un com­plé­ment d’objet indirect (abrégé COI), parce que le verbe « agit » indirectement sur l’objet (kohde), par l’intermédiaire d’une préposition. Au lieu de com­plé­ment d’objet indirect, on pourrait aussi dire « com­plé­ment d’objet prépositionnel ». De toute façon, la distinction entre COD et COI est avant tout une distinction formelle, car l’essentiel est que tous les deux sont des com­plé­ments valenciels : [1]

Je voudrais un nouvel appartement. objet direct
Je me souviens de ce nouvel appartement. objet indirect.
Je pense souvent à ce nouvel appartement. objet indirect.
Je compte sur toi. objet indirect

3. Objet et objekti

En français, la notion d’objet est donc plus vaste que le finnois objekti : tout élément faisant partie intégrante de la structure sémantique du verbe ( (com­plé­ment valenciel autre que l’agent) est un com­plé­ment d’objet, même Lyon dans Il va à Lyon, puisqu’on va toujours quelque part. En finnois, on ne qualifie d’objekti que les com­pléments « directs » du verbe, c’est-à-dire les com­plé­ments à l’akkusatiivi /gene­tiivi[2] et au partitiivi : syön ome­nan, hän ajattelee ystäväänsä, muista kirjat! etc. Si le com­plé­ment dépend du verbe à un autre cas (inessif, éla­tif, etc.), on le considère comme un adverbiaali, c’est-à-dire comme un com­plé­ment circonstanciel, et en­co­re à plus forte raison s’il est introduit par une préposition (par exem­ple taistella rasismia vastaan). En fran­çais, les com­plé­ments valenciels sont tous considérés comme des com­plé­ments d’objet (proprement : verbin toi­min­nan kohde), même s’ils sont introduits par une pré­po­si­tion :

Je rêve aux vacances. Haaveilen lomasta.
Il réfléchit au problème. Hän miettii ongelmaa.
Je doute de ses talents. Epäilen hänen kykyjään.
Il faut profiter de l’occasion. Täytyy käyttää tilaisuutta hyväkseen.
J’ai parlé de mes vacances à mon ami. Kerroin lomastani eräälle ystävälle.
Il faut lutter contre le racisme. On taisteltava rasismia vastaan.
On est en train de traduire le livre du finnois en français. Kirjaa ollaan kääntämässä suomesta rans­kaan.