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219. Les pronoms personnels

1. Deux catégories

Du fait d’une longue tradition grammaticale, les grammaires scolaires francophones (et français lan­gue étrangère) regroupent dans une mê­me classe appelée « pronoms personnels » des mots aussi dif­férents que je, lui, y et en. En fait, les pronoms personnels de la terminologie traditionnelle se divi­sent en deux gran­des catégories :

Les pronoms personnels « de 1e et 2e personne » je tu nous vous (finnois minä sinä me te) ne sont pas des pronoms au sens étymologique de « mot qui en remplace un autre ». Le mot je désigne la personne qui dit « je » et tu est la personne à laquelle ce je parle. Au pluriel, nous « contient » je et un certain nombre d’autres personnes, et vous contient tu et un certain nombre d’autres personnes. Nous n’est donc pas le pluriel de je (il ne désigne pas plusieurs « je »), ni vous le pluriel de tu. De mê­me, la forme objet me comme dans il me voit ne remplace pas quelque chose : dans il me voit, c’est je qui dit quelque chose par rapport à soi-mê­me. Comme ces pronoms ne remplacent pas un nom ou quoi que ce soit d’autre, on pour­rait les définir comme « pronoms personnels sans antécé­dent » (ilman korrelaattia). Pour plus de sim­plicité, on a cependant jugé préférable de conserver le terme traditionnel de pronom personnel. Ces pro­noms pré­sen­tent des caractéristiques et un com­portement morphosyntaxique communs (ils sont no­tam­ment in­va­ria­bles à toutes les formes) et méri­tent d’être traités comme un groupe séparé du pronom de 3e personne (p. 251 et suivantes).

Les pronoms personnels de 1e , 2e et 3e personnes présentent toutefois certaines caractéristiques com­mu­nes : ils ser­vent à indiquer la per­son­ne du verbe (au sens de « personne morphologique » 1e , 2e et 3e personnes), et ils ont un comportement morphosyntaxique similaire (accord, place devant le verbe).

2. Le pronom de 3e personne

Le pronom de 3e personne est un pronom très différent, qui ne renvoie pas automatiquement aux pro­ta­gonistes de l’énonciation comme je ou tu : il désigne une personne extérieure au couple je-tu. Le pronom de 3e personne peut renvoyer à une personne, mais aussi un objet, une idée, une phra­se, etc., ce qui n’est pas le cas avec je ou nous. Le terme de pronom personnel est donc (en par­tie) impropre. [1]

Le pronom on s’uti­li­se uniquement en fonction de sujet (mais il a des substituts en fonction d’objet, par exem­ple nous) et désigne un actant du discours non défini, une sorte de « nous expansé » (« je, tu, nous et/ou n’importe qui d’autre »). On le considèrera donc aussi comme un pronom personnel. Il n’a pas d’équi­valent en finnois et sa classification parmi les pronoms personnels présente un intérêt pratique de ce point de vue. La sémantique et l’uti­li­sation du pronom on sont traitées en détail p. 321.

3. Identité de formes trompeuse

L’une des grandes dif­fi­cul­tés que pose l’apprentissage du système des pronoms en fran­çais, c’est qu’il y a des de nombreuses formes identiques ayant des valeurs dif­fé­ren­tes. Exem­ples :

Ce genre de phénomène n’est pas propre au français, mais en finnois le système des pronoms est beau­coup plus facilement interprétable, et il est vrai que le système français peut sembler confus. Une des cho­ses les plus importantes à apprendre pour les débutants (et mê­me les plus avancés) et qui semble par­fois être étonnamment difficile à comprendre, c’est qu’il existe souvent dans les langues des mots iden­ti­ques qui peuvent avoir des fonctions très dif­fé­ren­tes.