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244. Cons­truc­tion attributive vs phrase clivée

1. Généralités

Le problème de la distinction entre les formes du pronom antécédent de relative (voir notamment p. 243) se retrouve également dans le cas des constructions clivées. Quand un pronom est en fonction d’attribut, il faut dis­tin­guer les cas où il y a focalisation (mise en relief) par extraction et ceux où il s’agit d’une simple cons­truc­tion attributive avec relative. La focalisation est fréquente dans les phrases cli­vées, autrement dit les cons­truc­tions c’est + relatif. Voir p. 619 et suivantes, et p. 621 à propos des dif­fi­cul­tés d’in­ter­pré­ta­tion.

2. Pronoms personnels de 1e et 2e personne

Quand un pronom personnel de 1e et 2e personne est en position d’attribut, il est toujours à la forme disjointe moi toi nous vous. Ces pronoms ne peuvent se trouver en fonction d’attribut antécédent de relative spécifiante que dans la cons­truc­tion c’est … + pronom relatif :

C’est moi qui ai dit ça.
C’est toi qui as téléphoné hier soir ?
C’est nous qui le leur avons raconté.
C’est vous que j’ai rencontré à ce séminaire l’an dernier ?

Il en va de mê­me pour tous les autres types de pronoms (à l’exception du pronom de 3e personne, voir point suivant §3) :

C’est le tien que j’ai retrouvé d’abord.

On peut également trouver des formes disjointes des pronoms personnels de 1e et 2e personne devant un pronom quand la relative est non spécifiante, voir p. 242.

3. Pronom de 3e personne

Quand le pronom attribut est un pronom de 3e personne dans une phrase clivée, la cons­truc­tion c’est... peut recevoir deux interprétations, qui ne sont pas très faciles à dis­tin­guer :

a. Il peut s’agir d’une simple cons­truc­tion attributive, dans laquelle le pronom ce renvoie à un antécédent nominal (Qui est Molière ? C’est un écrivain du XVIIe siècle, voir p. 279) ou non nominal. Dans ce cas-là, le pro­nom antécédent de relative est à la forme « faible » celui/ce :

C’est celui/celle qui me plait le plus. [P3 à antécédent GN, exem­ple acteur/actrice, livre/montre]
C’est ce qui me plait le plus. [P3 à antécédent non GN, renvoie à une phrase, idée, etc.]

Comparer avec d’autres pronoms :

C’est quelqu’un qui m’a fait une bonne impression. [en parlant par exem­ple de Jean]
Ce n’est rien qui puisse t’intéresser. [en parlant d’une chose, d’un évènement, etc.]

b. C’est peut être le verbe servant à introduire l’élément extrait d’une phrase clivée. Dans ce cas, le pronom ce (c’) ne renvoie pas anaphoriquement à un objet de pensée déjà mentionné ou identifiable, mais au contraire annonce ce que l’on va définir. Il conserve alors sa forme normale disjointe en position détachée lui celui-là ça (p. 301) :

C’est lui/elle qui me plait le plus. [P3 à antécédent GN +animé, exem­ple acteur/actrice ]
C’est celui-là/celle-là qui me plait le plus. [P3 à antécédent GN −animé, exem­ple livre/montre]
C’est ça/cela qui me plait le plus. [P3 à antécédent non GN]

4. Comparaison français-finnois

On dis­tin­gue donc pour le sens en finnois (voir aussi p. 243) :

C’est lui/elle qui me plait le plus. Hänestä pidän eniten. [phrase clivée, référent GN animé]
C’est celui-là/celle-là qui me plait le plus. Siitä pidän eniten. [phrase clivée, référent GN non animé]
C’est ça/cela qui me plait le plus. Siitä pidän eniten. [phrase clivée, référent non GN]
C’est celui/celle qui me plait le plus. Se on se, josta pidän eniten. [pas de mise en relief, référent GN]
C’est ce qui me plait le plus. Se on se, mistä pidän eniten. [pas de mise en relief, référent non GN]

Autres exem­ples (a = sans mise en relief du pronom, b = avec phrase clivée) :

a) C’est celui qui a le mieux marché.
b) C’est celui-là qui a le mieux marché.
a) Ce sont celles que je préfère.
b) Ce sont celles-là que je préfère.
a) Ce sont ceux qui nous semblent les plus adaptés.
b) Ce sont ceux-là qui nous semblent les plus adaptés.
a) Personnellement je choisirais cette cravate, c’est celle qui me plait le plus.
b) Personnellement je choisirais cette cravate, c’est celle-là qui me plait le plus.

5. Pronom dépendant d’une pré­po­si­tion

Si le pronom dépend d’une pré­po­si­tion, la cons­truc­tion avec phrase clivée diffère totalement de la cons­truc­tion attributive. Le mot que est alors une conjonction et non plus un relatif (voir p. 619). Dans les exem­ples ci-dessous, a = sans mise en relief du pronom, b = avec phrase clivée) :

a) C’est celui à qui j’ai pensé.
b) C’est à celui-là que j’ai pensé.
a) C’est celle dont je t’ai parlé.
b) C’est de celle-là que je t’ai parlé.
a) Ce sont ceux contre qui il se bat.
b) C’est contre ceux-là qu’il se bat.
a) Ce sont celles pour lesquelles il n’a pas encore trouvé de place.
b) C’est pour celles-là qu’il n’a pas encore trouvé de place.

Comme on le voit, dans la cons­truc­tion avec phrase clivée, le verbe ne s’accorde pas au pluriel, puisque ces groupes ne sont pas attributs du sujet. La distinction entre les deux cons­truc­tions pose des pro­blè­mes aux francophones eux-mê­mes (voir p. 621).