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245. L’antécédent de relative et les cons­truc­tions clivées en finnois

1. Confusions induites par le finnois

À cause de la polysémie du pronom finnois se, le pronom antécédent de relative en français est source de nom­breuses incertitudes pour les fin­no­pho­nes. On relève fréquemment chez ceux-ci des erreurs du type

se joka traduit *le qui ou *lui qui
ne jotka traduit *les qui ou *ces qui etc.

Le pronom finnois se étant éga­le­ment un démonstratif, qui de surcroit peut fonc­tion­ner comme dé­ter­minant démonstratif cataphorique introducteur de nom antécédent de relative (Se talo, jonka näet tuolla, on meidän, voir p. 610), il n’est pas étonnant que les catégories se mélangent dans l’esprit des apprenants. On a re­levé aussi – plus d’une fois – pour ne jotka les versions **cettes qui, bel exem­ple de double confusion entre les catégories grammaticales déterminant/pronom (celle / cette) et entre les formes (*cettes pluriel imaginaire de ces).

Dans l’enseignement de ce point de grammaire aux fin­no­pho­nes (mais ces indications s’adresseraient mu­ta­tis mutandis aussi aux apprenants italophones, par exem­ple) il convient de souligner les dif­fé­ren­ces entre le finnois et le français :

2. Pronom unique en finnois, deux formes en français

En finnois, le pronom se qui sert de pronom de 3e personne sert éga­le­ment de pronom antécédent de relative. En français, il y a deux formes dif­fé­ren­tes, il et celui (voir tableau p. 239).

Il faut donc éviter de confondre Le P3 à antécédent non GN ce invariable et le pronom à antécédent GN celui, qui s’accorde en genre et en nombre (celle, ceux, celles) :

celui qui m’intéresse : se, joka kiinnostaa [celui = un homme, un livre]
ce qui m’intéresse : se, mikä kiinnostaa [ce = les choses, tout]
celui dont je parle : se, josta puhun [celui = un être humain, un objet]
ce dont je parle : se, mistä puhun [ce = les choses, tout, etc.]

De plus, phonétiquement, ce ressemble beaucoup à ceux. En général, l’e de ce est rarement prononcé (sauf dans un style soutenu) et ce devient un simple [s] (transcrit c’, p. 588 §1) : c’ que tu dis [skətydi]. Dans les cas pouvant provoquer des confusions, on allonge légèrement le eu de ceux [søˑ] (ceux qui m’intéressent) :

ceux qui m’intéressent ne, jotka kiinnostavat (minua) [ceux : les gens, les films, les animaux]
ce qui m’intéresse se, mikä kiinnostaa [ce = tout ce qui peut intéresser]
ceux qui arrivent ne, jotka saapuvat [ceux = les gens, les trains]
ce qui arrive se, mitä tapahtuu [ce = tout ce qui se produit]

3. Absence de cons­truc­tions pré­po­si­tionnelles en finnois

Dans le cas des cons­truc­tions avec com­plé­ment du nom (genetiivirakenteet), le finnois n’uti­li­se pas de pro­nom anaphorique du tout :

c’est celle [la voiture] de ma sœur se on siskoni.

Du fait de l’absence de pronom équi­va­lent en finnois, cette langue uti­li­se par exem­ple des adjectifs pour rendre les cons­truc­tions pré­po­si­tionnelles (p. 232) :

le journal d’hier eilinen lehti
le concours de l’an dernier viimevuotinen kilpailu

De ce fait, les apprenants ont donc parfois tendance à extrapoler cette transformation de l’adjectif de fa­çon in­verse à tous les adjectifs. Exem­ple de formes erronées relevées chez des apprenants fin­no­pho­nes :

la plus grande partie de ces romans sont *ceux les plus vieux = … sont les plus vieux.
Le subjonctif français reste un sujet complexe surtout pour les étudiants non-francophones, comme *ceux fin­no­pho­nes. = … comme les fin­no­pho­nes.
De plus, les manuels FLE se dis­tin­guent de *ceux finlandais. = ... se dis­tin­guent des finlandais.