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254. Généralités

1. Pronom à valeur anaphorique

Le pronom de 3e personne (abrégé P3) à antécédent GN a une valeur anaphorique (p. 216) : il renvoie ou se substitue à un groupe nominal (ou GN, voir p. 1) ou à un pronom qui reprend un GN :

le tableau, ce clavier, nos amis de Belgique, les trois petits chatons
une compagnie aérienne à bas prix, celles-ci
du foie gras, les miennes, le livre qui se trouve sur la table etc.

La forme de base de ce pronom est il. Il a de nombreux allomorphes (variantes de formes), voir tableaux p. 255 et p. 318.

2. Des formes variées

Le pronom peut avoir des formes très variées, qui dépendent de différents facteurs ou paramètres (voir exemple de l’effet de la variation des paramètres et tableau-résumé des formes p. 255) :

a. Fonction grammaticale du pronom : il existe des formes dif­fé­ren­tes pour le sujet, l’objet direct COD (com­plément d’objet direct) et l’objet in­di­rect COI (com­plé­ment d’objet indi­rect). Dans les exem­ples suivants, le pronom en italique renvoie au mê­me antécédent (p. 216 §2), par exem­ple la fleu­riste :

Sujet : Elle écoute la radio.
COD : Vous la connaissez ?
COI : Tu lui ressembles.

b. Genre et nombre : certaines formes (mais pas toutes) du pronom de 3e personne s’accordent en genre et en nombre d’après le groupe nominal auquel le pronom se substitue. D’autres formes sont invariables (en, y, lui, leur) :

Jean, le château, ce petit enfant → il
mes amis, ces deux gros bateaux → ils
la vendeuse, la mouche, une belle table → elle
ma mère et ma sœur, ses explications → elles

c. Catégorie référentielle (opposition animé/non animé) : le pronom de 3e personne à antécédent GN ren­voie ou se substitue à n’importe quel groupe nominal, Georges, le château, mes amis, une belle table, ce petit crocodile, leurs deux gros bateaux, ma mère et ma sœur, etc. Contrairement au finnois, le français n’a pas de pronom spécialisé pour opposer un référent humain (+hum, comme hän en finnois) à un ré­fé­rent non humain (−hum, finnois se). On uti­li­se les dif­fé­ren­tes formes de il :

le garçon, le chien, le livre, ton bureau, le temps → il
la fille, la dame, la lune, la mer, la chance → elle
les amis, ces téléphones, ses lecteurs de DVD → ils
les coureuses, ces lettres, les places → elles

Cependant, en français, il existe une opposition entre pronom à référent animé (êtres humains, animaux) et non animé, mais elle s’applique seulement à certaines formes. Voir tableaux p. 255 et p. 301.

Remarque sur les abréviations conventionnelles uti­li­sées :

d. Déterminant du GN : la forme du pronom de 3e personne dépend dans certains cas du déterminant du GN auquel il se substitue (voir p. 257 et p. 258). Le GN auquel le P3 se substitue n’est pas toujours son antécédent immédiatement identifiable. Dans l’exem­ple ci-dessous, le pronom en reprend seulement le con­te­nu notionnel de l’anté­cé­dent « skis » :

Il m’a montré ses nouveaux skis. J’en voudrais bien moi aussi. Hän näytti minulle uudet suksensa. Minäkin haluaisin sellaiset.

Le pronom en s’uti­li­se ici parce que le GN auquel il se substitue, qui n’est pas exprimé (voir phrase intermédiaire p. 218 §2), contient un déterminant commençant par d- :

Il m’a montré ses nouveaux skis. → [Je voudrais bien moi aussi de nouveaux skis]. → J’en voudrais bien moi aussi.

e. Place du pronom par rapport au verbe. Certaines formes du pronom de 3e personne varient selon que le pro­nom se trouve en position conjointe devant le verbe (ou après le verbe, à l’impératif forme affirmative), ou en po­si­tion disjointe, autrement dit quand il est relié au verbe par une préposition. De plus, devant le verbe, on uti­li­se des formes syncrétiques comme lui, leur, tandis qu’après pré­po­si­tion, on uti­li­se toujours une forme non syncrétique.