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260. Le P3 à antécédent GN attribut du sujet

Le pronom conjoint de 3e personne à antécédent GN en fonction d’attribut du sujet pré­sente beaucoup de similarités avec le P3 en fonction de com­plé­ment d’objet direct. En particulier quand il se substitue à un GN avec déterminant indéfini, il se com­por­te en effet comme le pronom conjoint com­plé­ment d’objet di­rect.

1. Attribut du sujet, déterminant défini

Quand le GN auquel le pronom se substitue est introduit par un déterminant défini, on peut re­pren­dre le GN attribut par le pronom le :

M. Zonk est le nouveau directeur. C’est moi qui l’étais jusqu’à présent, mais j’ai voulu me donner plus de temps libre.
Il sera votre ami comme je l’ai été.

La pronominalisation est cependant soumise à diverses contraintes. En principe, le pronom s’ac­cor­de en genre et en nombre (a), mais l’usage moderne a tendance à uti­li­ser le neu­tre (b), qui n’est donc pas une for­me du P3 gn il, mais d’une forme du P3 −gn ça :

(a) Elle est votre amie, je la suis aussi.
(b) Elle est votre amie, je le suis aussi.

Sur l’accord du pronom, voir le détail dans Le bon usage 2007 §673. De toute façon, cette cons­truc­tion n’est pas tellement fréquente. On dira ainsi dif­fi­ci­le­ment :

Vous êtes la nouvelle directrice ? – ? Je le/la suis. plutôt :
Vous êtes la nouvelle directrice ? — C’est moi.

2. Attribut du sujet, déterminant indéfini

Dans le cas le plus fréquent, celui où le pronom se substitue à un GN avec déterminant indéfini, la pro­no­mi­na­li­sa­tion du GN attribut se réalise exactement selon les mê­mes modalités que dans le cas du GN à dé­ter­minant indéfini COD. Toutes les règles concernant le P3 COD indiquées p. 257 §1 s’ap­pli­quent :

  1. Le P3 qui se substitue à un groupe nominal attribut du sujet introduit par des, du, de la, de prend la forme en.
  2. Le P3 qui se substitue à un groupe nominal attribut du sujet introduit par un autre déterminant (un, certains, quelques, deux, etc.) prend la forme en et on reprend le déterminant sous la forme pronominale correspondante (déterminant plusieurs pronom plusieurs, déterminant quelques pronom quelques-uns, déterminant beaucoup de pronom beaucoup etc.)
  3. quand le P3 se substitue à un groupe nominal attribut du sujet qui contient un adjectif, on re­prend le déterminant et l’adjectif.

Exem­ples :

Si a, b et c sont des entiers naturels, a+b et a+c sont aussi des entiers naturels.
Si a, b et c sont des entiers naturels, a+b et a+c en sont aussi.
Si a et b sont des entiers naturels, a+b est nécessairement un entier naturel.
Si a et b sont des entiers naturels, a+b en est nécessairement un.

3. Similarités avec le pronom COD

Si on compare le pronom COD et le pronom attribut, on voit que la substitution fonc­tion­ne exac­te­ment selon la mê­me structure : [1]

Tu as un chat. Tu en as un.
C’est un chat. C’en est un.
Tu as des chats. Tu en as.
Ce sont des chats. C’en sont.
Tu as du beurre breton. Tu en as.
C’est du beurre breton. C’en est.
Tu n’a pas de chats. Tu n’en a pas.
Ce ne sont pas des chats. Ce n’en sont pas.
Tu n’as pas de farine complète. Tu n’en as pas.
Ce n’est pas de la farine complète. Ce n’en est pas.
Tu as un beau chat. Tu en as un beau.
C’est un beau chat. C’en est un beau.
Ils ont d’autres chats. Ils en ont d’autres.
Ce sont d’autres chats. C’en sont d’autres.

Cette transformation est particulièrement fréquente dans la cons­truc­tion c’est GN, mais ce n’est pas le seul cas :

Génial est le mot qui définit le mieux ce CD, mais impressionnant, puissant et envoutant en sont d’autres.
C’est une girole ? – Oui c’en est une.
C’est le mê­me manteau ? – Non, c’en est un autre.
Si c’est une erreur, c’en est une belle.
Est-ce que cet organisme est bien une bactérie ? – Oui, c’en est bien une.
À première vue, les quasicristaux ressemblent à des cristaux, mais lorsqu’on les regarde de près, on s’aperçoit que ce n’en sont pas !
Je peux t’envoyer des photos de ma femme car pour une pan­thère, c’en est une sacrée ! [2]
Est-ce que ce sont de vraies émeraudes ou des émeraudes de synthèse ? — C’en sont de vraies.

Il faut donc penser à uti­li­ser en dans ce genre de cons­truc­tion (voir p. 265) :

C’est le mê­me manteau ?
– Non, c’en est un autre. [et non pas simplement :*C’est un autre.]

4. Langue parlée

Comme dans le cas du COD, dans le groupe déterminant + adjectif + nom, le lien entre l’adjectif an­té­posé et le nom devient plus lâche et la règle de la transformation de l’article indéfini pluriel de­vant ad­jec­tif an­té­posé s’applique encore moins systématiquement que d’habitude dans la langue par­lée (voir p. 259 nb a). Ainsi, on dira :

code écrit
C’en sont de vraies.
Ce n’en sont pas de vraies.
code oral
C’en est des vraies. (sur l’accord, voir p. 279 §2)
C’en est pas des vraies.

De plus, dans la langue parlée familière on a tendance à ne pas exprimer le pronom en. La forme langue écrite C’en sont de vraies. peut donc devenir au final C’est des vraies. Cependant, l’uti­li­sation de en est tout à fait fréquente dans la langue parlé courante.