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279. C’est + groupe nominal

1. Généralités

Le problème de l’identification de l’antécédent de ça/cela se manifeste de façon très caractéristique dans la cons­truc­tion c’est + GN, qui pose d’innombrables problèmes aux fin­no­pho­nes (mais aussi par exem­ple aux italophones). Le pronom ça/cela (le plus souvent sous la forme de l’allomorphe ce) s’em­ploie dans une structure très fréquente qui sert à expliciter le « contenu » d’une chose dont on parle (ci-dessous « A »), en la définissant sous forme d’un GN attribut du sujet (désigné ci-dessous par « X »), sur le modèle

A = X
Ce est quelque chose

Devant certaines formes du verbe être (voir faq p. 294), on peut cependant uti­li­ser la variante cela ou ça. On peut donc formuler le modèle de la manière suivante :

A = X
Ce/cela/ça être quelque chose

2. Accord du verbe être

Dans la langue écrite, dans la cons­truc­tion [c’est GN], on accorde normalement le verbe être au pluriel si l’attribut est un pluriel :

Regarde ces oiseaux gris qui nagent, ce sont de jeunes cygnes.
Qui sont ces gens-là, à gauche sur la photo? – Ce sont mes grands-parents.
Qui sont ces femmes en blanc ? Ce sont des médecins ? – Non ce sont des infirmières.

D’une certaine manière, c’est illogique, puisque le sujet est ce, qui est neutre (sans genre ni nombre). Dans la langue courante ou parlée, on préfère uti­li­ser presque systématiquement le singulier (voir aussi p. 620) :

Regarde ces oiseaux gris qui nagent, c’est des jeunes cygnes.
Qui sont ces gens-là, à gauche sur la photo ? – C’est mes grands-parents.
Qui c’est, ces femmes en blanc ? C’est des médecins ? – Non c’est des infirmières.

3. Fonction d’identification

La cons­truc­tion c’est + GN sert donc à identifier l’objet de pensée dont on parle :

Tu vois cet oiseau ? C’est une guignette. Näetkö tuon linnun? Se on rantasipi.
Qu’est-ce que c’est, cette voiture ? – C’est la nouvelle Citroën.
Qui est cet homme, au milieu de la photo ? – C’est mon frère.
Je suis allé revoir Le Dernier métro. C’est un des plus beaux films que j’aie vus.
Ce type, ça serait pas ton cousin ? [ici on conserve la forme ça, parce que le conditionnel d’être commence par une consonne].
C’était qui le type qui vient de te saluer ? – Ça pourrait être un ancien voisin.
Qu’est-ce que c’est que cette trace au centre de l’image ? – Cela semblerait bien être un astéroïde encore non détecté.

On renvoie donc à l’objet de pensée dont on parle et qu’on va définir en le désignant par le pronom neu­tre ça (qui le plus souvent à la forme c’ ou ce car il se trouve devant une forme du verbe être). En effet, on dé­si­gne d’abord cet objet, qui est le thème du processus d’identification, de façon imprécise, en renvoyant par un procédé de deixis à l’objet impliqué dans la situation d’identification (cf. valeur pro­po­si­tion­nelle p. 278), par un P3 à antécédent non GN (ça), avant de préciser son identité. Au départ, ce dans cette position re­pré­sente tout simplement un déictique : « [ce que je montre], [ce que tu vois], [ce dont tu parles] etc. est X… ». Le P3 à antécédent non GN sert donc à renvoyer à l’objet qui va être défini, in­dé­pen­dam­ment de la nature de cet objet. La définition varie en fonction de ce que l’on veut dire au sujet de l’objet de pensée :

Quel est le plus célèbre édifice de Paris ? C’est la tour Eiffel.
Qu’est-ce que la tour Eiffel ? C’est le plus célèbre monument de Paris.
Qu’est-ce que la tour Eiffel ? C’est une tour de métal.
Qu’est-ce que la tour Eiffel ? C’est l’attraction touristique la plus visitée de Paris.
Qu’est-ce que la tour Eiffel ? C’est une tour dont les plans ont été dessinés par Gustave Eiffel.
Qui était Gustave Eiffel ? C’était un ingénieur.
On a passé des vacances à Bayonne. C’est une très belle ville au bord de l’océan.
On a passé des vacances à Bayonne. C’est la capitale du pays Basque français.
L’énoncé est un discours ou une partie de discours, une phrase, ce peut être aussi un simple mot, une onomatopée, etc. [le mot ce représente l’énoncé, qui peut être identifié de plusieurs manières : mot, onomatopée, etc.]