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281. C'est + GN désignant une profession ou un statut

1. GN désignant une profession, un rôle ou un statut social

Quand l’attribut est un simple adjectif, il est facile d’identifier la cons­truc­tion et de choisir le pronom qui convient. La dif­fi­cul­té est cependant accrue par le fait qu’en français, on peut aussi uti­li­ser des GN comme des sortes d’adjectifs attributs qui caractérisent le sujet pour le classer dans une catégorie. Il ne s’agit plus alors d’identifier le contenu du GN, mais de le définir, de le catégoriser. Dans ce cas-là, on n’uti­li­se pas la cons­truc­tion c’est + GN, mais le pronom personnel il, puisqu’on renvoie à un référent qui a déjà été défini. C’est no­tam­ment le cas avec les noms de profession, qui permettent de ranger le référent du GN dont on parle dans une catégorie socioprofessionnelle, et plus généralement de tout GN qui indique une pro­fes­sion, un rôle ou un statut social :

(a) Qui est M. Martin ? – C’est un professeur de français. C’est notre prof de français. iden­ti­fi­ca­tion.
(b) Quelle est la profession de M. Martin ? – Il est professeur de français. catégorisation

Dans l’exem­ple (b), il ne s’agit pas de savoir qui est M. Martin (qui est déjà identifié), mais de préciser sa pro­fession (voir remarque p. 296 §3a). On uti­li­se évidemment aussi le pronom il dans les autres cas habi­tu­els d’anaphore :

Qui est M. Martin ? – C’est une de mes connaissances. Il est très sympathique. Il est prof de français. Il est peu connu. Il n’est pas marié. Etc.

On retrouve cette opposition entre identification (c) et catégorisation (d) dans les exem­ples suivants :

(c) En effet, le thème n’est pas toujours le sujet grammatical du verbe de la phrase. Ce peut être par exem­ple un com­plé­ment cir­cons­tan­ciel.
(d) Le nom peut être le sujet de la phrase. Il peut aussi être l’objet direct ou un com­plé­ment cir­cons­tan­ciel.

Dans l’exem­ple (c), on dit que dif­fé­ren­tes choses peuvent être le thème : le sujet de la phrase ou un com­plé­ment cir­cons­tan­ciel. Dans l’exem­ple (d), on parle du nom, et on indique qu’il nom peut avoir plu­sieurs fonc­tions (dans lesquelles il est toujours identifié comme un nom) : sujet, objet, com­plé­ment cir­cons­tan­ciel.

Remarque : quand le GN désigne une catégorie socioprofessionnelle, il est véritablement assimilable à un adjectif :

Il est médecin. ~ Il est compétent. Voir faq p. 292.

2. GN à double valeur

Dans certains cas, certains noms peuvent avoir un emploi adjectival. C’est ainsi qu’on peut dire Ce sont des amis ou Ils sont amis. Cela s’explique par le fait qu’en français le mot ami peut être soit un nom soit un ad­jectif (dans ce cas-là, il signifie « ystävyyssuhteessa oleva, läheinen »). Comme en finnois ystävä est seu­le­ment un nom, les fin­no­pho­nes sont embarrassés par cette cons­truc­tion :

a) nom          Pierre et Ove sont des amis à nous. → Ce sont des amis.
b) adjectif   Pierre et Ove sont très amis. (ovat hyviä ystäviä, hyvin läheisiä) → Ils sont amis.

Il en va de mê­me avec le mot psychologue, qui peut être nom (psykologi) ou adjectif (ihmistuntija) :

Elle est psychologue. / C’est une psychologue. Hän on psykologi.
Elle est très psychologue. Hän on hyvä ihmistuntija.

Parmi les autres mots qui se comportent de cette manière, on peut mentionner jumeaux (jumelles), connaisseur, amateur, enfant etc. On trouve éga­le­ment d’autres cas où un GN peut se comporter comme un adjectif et entrainer l’uti­li­sation du sujet P3 GN (voir cependant p. 295 §3b).

3. Résumé

Enfin, pour compliquer encore la situation, il faut rappeler le mot ça/ce devant être peut aussi être un simple anaphorique renvoyant à autre chose qu’un GN (participe, phrase, idée, etc., autrement dit le P3 à antécédent non GN), comme dans ne roule pas si vite, c’est dangereux (p. 282). On peut donc trouver dans ce cas en fin­nois le pronom se, avec en français trois valeurs dif­fé­ren­tes :

Se on harakka. = C’est une pie. P3 à antécédent non GN renvoyant à ce qu’on montre ou dont on a parlé, attribut GN.
Se on valkoinen ja musta. = Elle est blanche et noire. P3 à antécédent GN renvoyant à harakka
Se on hauskaa. = C’est amusant. P3 à antécédent non GN renvoyant par ex. à l’idée se että on valkoinen ja musta

Avec un référent humain, en finnois, les pronoms sont différents, alors qu’en français on uti­li­se les mê­mes pronoms (aucun changement dans le système référentiel) :

Hän on sisareni. = C’est ma sœur. P3 à antécédent non GN renvoyant à ce qu’on montre ou dont on a parlé, attribut GN.
Hän on eronnut. = Elle est divorcée. P3 à antécédent GN renvoyant à sisareni.
Se on ikävää. = C’est triste. P3 à antécédent non GN renvoyant par ex. à l’idée « se että hän on eronnut »

De mê­me, on dis­tin­gue (voir p. 39 §3) :

C’est un Français. Ce sont des Finlandaises. [GN]
Il est français. Elles sont finlandaises. [adjectifs]