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282. Le P3 à antécédent non GN sujet

1. Formes variables

Bien que le pronom personnel de 3e personne à antécédent non GN soit par nature invariable puisqu’il est neutre, les formes sujet connaissent une variation de forme qui dépend 1) du niveau de langue 2) du type de verbe dont le pronom est le sujet : devant certaines formes du verbe être, on uti­li­se l’allomorphe ce. Cette variation est résumée dans le tableau suivant (pour le détail, voir ci-dessous) :

282. Formes du P3 à antécédent non GN sujet
langue écrite langue parlée
cas général (tous verbes sauf être) cela ça
devant formes d’être commençant par e/é c’ c’
devant formes simples d’être commençant par une consonne ou devant formes composées ce ça

Remarque : l’emploi du P3 à antécédent non GN en fonction de sujet réel est exposé au §5 ci-dessous.

2. Cas général : ça/cela

La forme du P3 à antécédent non GN sujet devant les verbes autres que être est ça. La forme de la langue écrite est cela :

Est-ce que tu pourrais me dire comment se termine le film ? Ça m’intéresse.
Il n’a pas encore répondu. Ça (cela) me semble bizarre.
Il est souvent fatigué. Ça (cela) a des conséquences sur son travail.

Dans les questions avec inversion du sujet, qui sont caractéristiques de la langue écrite, le pronom sujet du verbe est uniquement à la forme cela, pas la forme ça :

Il n’a pas encore répondu. Cela vous semble-t-il normal ?
[et non pas *Ça vous semble-t-il normal ?]
Il est souvent fatigué. Cela aura-t-il des conséquences sur son travail ?

3. Allomorphe ce

Devant certaines formes du verbe être, le P3 à antécédent non GN est le pronom incomplet ce (p. 233), mais devant d’autres formes, on conserve la forme ça/cela. Pour un tableau synoptique de cette alternance, voir p. 294. Le P3 à antécédent non GN se met à la forme ce quand il est immédiatement suivi par une forme simple d’être (sans pronom personnel devant le verbe). Dans l’exem­ple (a), le verbe est inquiéter, donc on uti­li­se ça ; dans l’exem­ple (b), le verbe est être, donc on uti­li­se ce ; dans l’exem­ple (c), le premier verbe est faire, on uti­li­se donc ça, tandis que le deuxième est être, le pronom est donc à la forme ce :

(a) Il n’est pas encore rentré. Cela (ça) inquiète ses proches.
(b) Il n’est pas encore rentré. C’est inquiétant.
(c) L’argent, ça ne fait pas le bonheur, mais c’est quand mê­me assez utile.

La forme ce s’uti­li­se dans la langue écrite tout comme dans la langue parlée. L’adverbe négatif ne n’empêche pas l’utili­sa­tion de ce :

Cette année, il n’y avait pas beaucoup de champignons dans la forêt. C’est dommage.
C’était pas assez salé, ta soupe.
La robe lui allait bien ? – Oui, c’était assez joli.
Manger des légumes, c’est bon pour la santé.
Ce n’était pas trop sucré.

Dans certains cas et devant certaines formes, on uti­li­se aussi la forme ça/cela (voir p. 294). Dans les formes interrogatives avec inversion, on ne peut pas toujours uti­li­ser la forme ce : serait-ce est usuel, mais sera-ce est quasiment inusité (voir p. 549).

4. Verbe être précédé d’un pronom objet

Si le verbe être est précédé d’un pronom objet conjoint, Le P3 à antécédent non GN sujet reste à la forme ça/cela :

C’est égal. Ça m’est égal.
La voile, c’est passionnant. Oui, ça l’est vraiment.
Aimes-tu faire du ski ? Oui, ça m’est mê­me absolument nécessaire !

Au présent de l’in­di­ca­tif, la forme cela est inusitée devant le pronom le : on évite de dire cela l’est (pour des raisons d’euphonie). On uti­li­se donc uniquement ça lest, mê­me dans la langue écrite courante. En re­vanche, aux autres temps, on peut employer cela : cela létait, cela le serait, etc. sont tout à fait cou­ran­tes. À la place de ça lest, dans la langue soutenue, on peut uti­li­ser le pronom ce (ce lest) devant tous les temps simples d’être :

Ce fut, certes, toujours difficile, mais ce l’est certainement plus encore aujourd’hui avec la concentration de l’édition.
Savoir gérer sa respiration, c’est capital pour la voix chantée, ce l’est moins pour la voix parlée, qui n’exige pas le mê­me genre de tenue.
Était-il indispensable de démissionner ? Oui, ce l’était. [Langue écrite normale : cela l’était, langue courante : ça l’était]
Le biodiesel ? Si ça n’est pas utile pour vous, ce l’est forcément pour quelqu’un autour de vous. [Remarquer le mélange de registre de langue avec l’uti­li­sation de ça et de ce dans la mê­me phrase].

Il ne faut toutefois pas abuser de ce dans cet emploi, qui est nettement du style soutenu et peut détonner dans un style écrit courant.

Remarque : quand Le P3 à antécédent non GN est sujet d’un auxiliaire modal (devoir, pouvoir, savoir), des règles particulières s’appliquent. Voir p. 283.

5. Le P3 à antécédent non GN sujet réel

En fonction de sujet réel, le P3 à antécédent non GN n’a pas de forme particulière, on uti­li­se ça/cela. Les cas d’emploi de ça comme P3 à antécédent non GN à valeur anaphorique sont assez rares, car en position de sujet réel ça/cela a le plus souvent une valeur déictique :

On a fait de gros efforts pour améliorer la sélection rationnelle des candidats, mais c’est vrai qu’il nous restera toujours ça comme objectif de développement.

6. Autres emplois de ce et ça