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288. Le P3 com­plé­ment cir­cons­tan­ciel, d'agent, du nom ou de l'adjectif

1. Complément cir­cons­tan­ciel

En fonction de com­plé­ment cir­cons­tan­ciel, le P3 est toujours après une pré­po­si­tion, il n’existe pas de forme syncrétique particulière (voir cependant §2). La forme du pronom est ça/cela :

En plus de ça, on est toujours sans nouvelles de deux membres du groupe.
La personne qui réclame des prestations de maladie doit non seulement démontrer être [1] incapable de travailler, mais aussi qu’elle aurait été sans cela disponible pour travailler.
Il existe un consensus à l’intérieur de certaines régions et dans des cultures et systèmes politiques semblables, mais malgré cela, il existe aussi une tendance « nationaliste ».
Il est urgent de traiter ces cas, mais avant cela, il faut s’assurer qu’il s’agit bien du virus en question.
Les textes existent donc, le conseil des ministres les a approuvés et ce depuis plus de six mois, et malgré cela il n’y a toujours rien sur le terrain.
En fait j’ai été très déçue d’une copine (en amitié bien sûr) qui était comme une sœur pour moi et depuis ça, je suis toujours assez méfiante.
À part ça, je n’ai pas grand-chose à t’apprendre.

Dans ce cas aussi, il est en concurrence avec l’anaphore prépositionnelle (p. 267) ou des adverbes divers :

Par la suite (= après cela), cet auteur n’a plus connu le mê­me succès.
On n’a plus eu de nouvelles de lui depuis [= depuis cela, anaphore prépositionnelle].
Cependant (= malgré cela), tout est fait par les autorités pour rouvrir la voie au trafic.
En outre (= en plus de cela), rien ne permet de prouver qu’il avait tort.

2. Variante

Dans le cas de certains verbes, après la pré­po­si­tion par, on emploie fréquemment une variante du pro­nom com­plé­ment ça/cela, l’adverbe , qui, exactement comme y (originellement un adverbe), rem­plit dans ce cas la fonction de pronom anaphorique. Cet emploi est limité à certains verbes signifiant « [vou­loir] dire, signifier »:

Qu’entendez-vous par là ?
Kant signifie par là que la civilisation de l’homme n’est pas synonyme de sa moralisation.
Je voulais dire par là que je ne crois plus aux querelles idéologiques politiques ou religieuses.
On leur enjoignait par là de se présenter à l’armée de leur République.
Le président du Conseil désignait par là les deux cents plus gros actionnaires de la Banque de France.

3. En à valeur causale

Le pronom conjoint en peut être uti­li­sé en fonction de CC quand il exprime la cause de façon plus lâche, sans qu’il remplace un élément introduit par de :

Il ment. J’en mettrais ma main au feu ! Hän valehtelee. Panisin siitä pääni pantiksi.
Il a beaucoup de soucis et il en a perdu le sommeil. Hänellä on paljon huolia ja hän on menettänyt yöunensa sen takia.

Dans ces exem­ples, en ne remplace pas un groupe introduit par de (on ne dirait pas : *je mettrais ma main au feu de cela mais : à ce sujet), mê­me si dans le premier exem­ple en finnois on a siitä. De mê­me, dans le deuxième exem­ple il en a perdu le sommeil, en remplace un groupe introduit par à cause de (comme en finnois).

4. Complément d’agent

En fonction de com­plé­ment d’agent, le P3 à antécédent non GN prend la forme ça/cela après la pré­po­si­tion par :

Bien que nous ne soyons pas concernés par cela, nous pourrions envisager une participation financière au programme d’aide.
Les syndicats ont accepté le plan social et les repreneurs ont été très surpris par cela.
C’est vrai que tout le cinéma américain est passionné par ça.
J’ai été élevé par ça et aujourd’hui je suis obnubilé aussi par ça.

Quand le com­plé­ment d’agent exprime une cause (le plus souvent marquée par la pré­po­si­tion de), on uti­li­se fréquemment le P3 à antécédent non GN conjoint en :

Les syndicats ont accepté le plan social et les repreneurs en ont été très surpris (< de cela).
Ses enfants ne prennent plus contact avec lui et il en est très affligé (< affligé de cela/par cela).

5. Complément du nom ou de l’adjectif

En fonction de com­plé­ment du nom ou de l’adjectif, le pronom reprend un groupe introduit par de. Ce com­plé­ment est généralement un in­fi­ni­tif (p. 466) ou une complétive. Dans le cas d’une complétive, la pré­position de est souvent supprimée devant que (dans la langue écrite surtout, voir p. 655), il faut donc sa­voir la ré­ta­blir mentalement pour pouvoir reconnaitre la structure.

Tu crois qu’il a raison ? – J’en suis sûr. [être sûr de qqch]
Est-ce qu’il ne serait pas digne d’être décoré ? Eikö hän jo ansaitsisi saada kunniamerkin? – Si, il en serait digne.
Je suis désolé de ce que tu n’aies pas pu venir à notre fête. → J’en suis désolé.
Elle était déçue que le voyage ait été si court. → Elle en était déçue. [déçu de quelque chose]
Nous sommes confus que vous ayez dû attendre. → Nous en sommes confus. [confus de quelque chose]
Ma mère serait trop peinée que j’aille le revoir. Ma mère en serait trop peinée. [peiné de quelque chose]
Il n’a pas encore eu le courage de dire à sa fiancée qu’il devait partir pour six mois en mission. → Il n’en a pas encore eu le courage.
Nous réviserons ce rapport dès que nous en aurons le temps. [= dès que nous aurons eu le temps de le réviser]