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291. Il y a, emplois divers

1. Équivalent du verbe d’existence olla

Il y a sert à exprimer l’existence et correspond au finnois on [olemassa] :

Il y a beaucoup de châteaux-forts en France.
En été, il y a beaucoup de moustiques en Finlande.
Je suis sûr qu’il y a un moyen.
Ce printemps, il y a eu peu de gelées matinales.
Il y avait énormément de monde au salon de la plaisance. Veneilymessuilla oli valtavasti ihmisiä.
Il n’y a pas de temps à perdre. Ei ole aikaa hukattavaa.
Il n’y avait plus rien à faire. Mitään ei ollut enää tehtävissä.

En finnois, dans la phrase on [olemassa] ratkaisu, le nom ratkaisu est le sujet du verbe olla. En français, dans la cons­truc­tion équi­va­lente il y a une solution, le GN une solution est le COD du verbe il y a (comme en allemand dans Es gibt eine Lösung). L’article indéfini peut donc prendre la forme de dans une phrase négative (p. 49) :

Il n’y a pas de solution.
Il n’y a pas d’autre solution.

Du sens d’« exister » de il y a est dérivé le sens de « se produire, se passer » :

Qu’est-ce qu’il y a ? Mitä? Mitä nyt? Mitä tapahtuu? Mitä taas [haluat]? Niin? No? [comme réponse dans la langue parlée]
Ce qu’il y a, c’est que… Ongelma on vain se, että
Il y a que je ne veux pas partir. Minä vain en halua lähteä.

2. Expression du temps

Le verbe y avoir s’uti­li­se dans des expressions temporelles :

Le paquet est arrivé il y a deux jours. Paketti saapui kaksi päivää sitten.
L’hypermarché a ouvert il y a peu. Automarketti avasi ovensa hiljattain.
Il y a trois heures que je suis arrivé. Tulin kolme tuntia sitten.
Il y aura bientôt onze ans que nous sommes mariés. Olemme olleet naimisissa kohta yksitoista vuotta.
Il y avait deux ans que j’habitais à Paris.
Il y a longtemps que je l’ai vu. En ole nähnyt häntä pitkään aikaan.

On pourrait considérer, comme le font certains auteurs, que il y a forme une locution pré­po­si­tionnelle (fi­gée) qui introduit un com­plé­ment de temps sur le modèle d’autres pré­po­si­tions : depuis deux jours – après deux jours – il y a deux jours. Cependant, le verbe y avoir reste une locution verbale non figée, car il peut se mettre à d’autres temps :

Il y avait déjà trois ans qu’il était parti.
Il y aura bientôt dix ans depuis notre dernière rencontre.
Bien qu’il y ait déjà longtemps de son accident, le souvenir continuait de le hanter.

3. Actualiseur dans la langue courante et parlée

Dans la langue parlée, le verbe il y a + relative est uti­li­sé pour introduire un GN sujet déterminé par un dé­ter­minant indéfini ou par un sujet qui est un pronom indéfini : la langue parlée n’aime pas commencer les phrases di­rec­te­ment par un indéfini. En quelque sorte, il y a sert à « engager » la phrase (on uti­li­se parfois le terme d’« actualiser ») :

Langue écrite ou courantelangue parlée
Des gens attendent devant le magasin. Il y a des gens qui attendent devant le magasin.
Quelqu’un t’a téléphoné. Il y a quelqu’un qui t’a téléphoné.
De l’eau a coulé le long du papier peint. Il y a de l’eau qui a coulé le long du papier peint.
Quelqu’un n’était pas content. Il y avait quelqu’un qui n’était pas content.
À l’avenir, de moins en moins de gens
apprendront le français.
À l’avenir, il y aura de moins en moins gens qui apprendront le français.

Il n’y aucune dif­fé­ren­ce de sens avec la manière de dire de la langue écrite, c’est simplement une manière dif­fé­ren­te de présenter les choses. Dans certains cas, l’uti­li­sation de il y a permet de construire plus simplement des verbes dont la cons­truc­tion (voir p. 295 §4). Cette manière de dire est quasi générale à l’oral, et elle est tellement courante qu’on l’uti­li­se mê­me devant des déterminants définis, mais c’est moins fréquent et plus familier. Elle s’uti­li­se surtout pour annoncer un évènement – grand ou petit :

Langue écrite ou courantelangue parlée
Le téléphone sonne. Il y a le téléphone qui sonne.
La casserole déborde. Il y a la casserole qui déborde.
L’ampoule a grillé. Il y a l’ampoule qui a grillé.Lamppu on palanut.
La grève commence demain. Il y a la grève qui commence demain.
Ma montre ne marche plus. Il y a ma montre qui marche plus.
Ton frère t’appelle. Il y a ton frère qui t’appelle.
Les Finlandais ont gagné. Il y a les Finlandais qui ont gagné.

L’uti­li­sation de il y a comme actualiseur d’indéfini est éga­le­ment très fréquente, dans la langue cou­ran­te et parlée (mais peu employée dans la rédaction écrite soignée) pour remplacer le pronom certains, grâce à une cons­truc­tion avec proposition relative. On remplace le pronom indéfini par des gens ou le pronom en (voir il y en a qui p. 332 §3) :

Il y a des gens à qui / Il y en a à qui ce genre de vêtements ne convient pas.
Il y a des gens / Il y en a que ça dérange.