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306. Les formes du P3 GN détaché renvoyant à un com­plé­ment d’objet

1. Pronom se rapportant à un COD

Quand on détache un pronom com­plé­ment d’objet direct en prolepse, on exprime obli­ga­toi­re­ment le pronom à la forme conjointe avant le verbe :

Elle, je ne la connais pas, mais son père, lui, je le connais bien.
Tiens, je ne t’avais pas vu, toi !
Il a bien voulu m’aider, moi, mais pour aider les autres il s’est fait prier.
Elle vous recevra vous, mais personne d’autre.
Je ne l’avais pas vu, lui.
Moi, rien ne m’étonne plus. 
Vous, je ne vous connais pas.
Les employés t’avaient désigné toi comme leur représentant. Sinuthan työntekijät valitsivat edustajakseen.
Il faudra que tu le lises, celui-là. [le renvoie à un livre]

2. Antécédent GN indéfini

Le pronom COD en renvoyant à un GN indéfini (p. 258) est repris par les formes de celui-là s’il renvoie à un nom comptable (exem­ple a), et par ça si le référent du GN est non comptable (b et c) ou a une valeur générique (d). Le pronom détaché est précédé de la pré­po­si­tion de. Le déterminant de quantité repris après le verbe reste exprimé (sur le mécanisme de détachement du GN, notamment devant un dé­ter­mi­nant indéfini de quantité, voir p. 116 §3) :

(a) Tu en as acheté, des livres ? → Tu en acheté, de ceux-là ?
(b) On n’en a plus, de la peinture rouge. → On n’en plus de ça.
(c) Du fioul, il faudrait en commander dès aujourd’hui. → De ça, il faudrait en commander dès aujourd’hui.
(d) Des idées, on n’en a pas beaucoup. → De ça, on n’en a pas beaucoup.

Quand le pronom est en rappel, la pré­po­si­tion de est obligatoire devant celui-ci. En revanche, quand il est en prolepse, le rapport syntaxique entre le pronom détaché et le reste de la phrase est moins fort, et on omet souvent la pré­po­si­tion (c’ et d’) :

(c’) Du fioul, il faudrait en commander dès aujourd’hui. → Ça, il faudrait en commander dès aujourd’hui.
(d’) Des idées, on n’en a pas beaucoup. → Ça, on n’en a pas beaucoup.

3. Pronom se rapportant à un COI

Quand on met en relief un com­plé­ment d’objet in­di­rect introduit par à après un verbe, la forme conjointe avant le verbe est facultative :

Il te l’avait dit à toi, mais pas à moi. Ou :
Il l’avait dit à toi, mais pas à moi.
Toi, on ne t’a pas demandé ton avis. Sinulta ei kysytty mitään.
Elle ne l’avait pas dit à moi. ou Elle ne me l’avait pas dit à moi.
Je (te) l’avais montré à toi et pas à d’autres.

Avec de/en, le cas de figure ne se présente pas, puisqu’on ne peut normalement pas uti­li­ser en pour renvoyer à un animé et que dans le cas d’un non animé, la forme disjointe est complètement dif­fé­ren­te (ça ou celui-) :

Il m’avait parlé de toi, mais pas des autres. [impossible de dire *il m’en avait parlé, de toi.]
De ça, il ne m’en avait pas parlé.
Je ne t’en avais pas encore parlé, de celui-là, n’est pas ?