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307. Le P3 à antécédent non GN détaché

Normalement, le P3 à antécédent non GN détaché ne peut pas être le seul élément anaphorique de la phrase : la phrase contient toujours une forme conjointe qui sert à marquer la fonction dans la phrase du mot qui représente le référent du pronom détaché.

1. Pronom renvoyant à un sujet

Quand le pronom détaché renvoie au sujet de la phrase, le pronom sujet ça (ou son allomorphe ce devant être) est obligatoirement exprimé devant le verbe :

Ça, ça ne me dit rien.
Ça, c’est vraiment bizarre.
Ça, c’est un grave problème.
Ça, ça va pas être facile. 

Devant être, il n’est pas possible d’employer le pronom ça seul en position détachée sur le modèle du P3 à antécédent GN lui est d’accord :*ça est étrange. Devant un autre verbe, il est parfaitement grammatical d’employer ça seul, mais dans ce cas-là il n’y a plus de mise en relief. Comparer :

Ça me parait bizarre. [pas de mise en relief]
Ça, ça me parait bizarre. [mise en relief]

2. Cas particuliers

On ne peut pas uti­li­ser en position détachée la forme cela renvoyant à un sujet :

*Cela, cela me parait étrange.
*Cela, ça ne me plait pas.
*Cela l’agaçait, cela.

Alors qu’on peut facilement détacher la forme ça dans la langue courante ou parlée :

Ça, ça me parait étrange.
Ça, ça ne me plait pas.
Ça l’agaçait, ça.

Devant mê­me postposé (dans le sens de « précisément, justement »), on n’uti­li­se normalement pas ça, on préfère uti­li­ser la forme longue cela (C'est à cela même que je pensais plutôt que ?c’est à ça mê­me que je pense). En revanche on peut dire : c’est à ça exactement que je pensais.

Si dans la langue écrite on veut mettre en relief le pronom cela désignant le sujet de la phrase en le détachant d’une manière ou d’une autre, on uti­li­se le mê­me procédé qu’en finnois, en ajoutant par exem­ple un adverbe :

Cela, au moins, parait dif­fi­ci­le­ment réalisable.
Cela, certainement, parait dif­fi­ci­le­ment réalisable.
Cela, à tout le moins, parait dif­fi­ci­le­ment réalisable, etc.

3. Pronom renvoyant un COD

Quand le pronom détaché renvoie au COD de la phrase, le pronom à la forme conjointe le doit obli­ga­toi­re­ment être exprimé devant le verbe.

Tu ne le savais pas, ça, hein ? Sitä et tiennyt, eikö niin?
Tu ne me l’avais pas dit, ça.
Ça, je ne pourrais pas vous le dire. Sitä en osaa sanoa.
Il faudra bien que vous le lui montriez, ça ! Pakkohan teidän on näyttää se hänelle.
Cela, personne n’a jamais pu le démontrer.

4. Pronom renvoyant un com­plé­ment pré­po­si­tionnel

Quand le pronom détaché renvoie à un P3 à antécédent non GN introduit par une pré­po­si­tion (en fonction de COI, CC, com­plé­ment de nom, etc.), il n’est pas nécessaire d’uti­li­ser une forme conjointe devant le verbe (s’il en existe une, c’est-à-dire y et en). On a le choix entre exprimer la pré­po­si­tion devant le pronom détaché sans pronom conjoint ou l’inverse, ou mê­me exprimer les deux :

Et à ça, toi tu n’y avais pas pensé ?
À ça, j’avais pas pensé. / Ça, j’y avais pas pensé.
J’y avais pas pensé, à ça. / À ça, j’y avais pas pensé.

Quand le pronom est en rappel (J’y avais pas pensé, à ça), l’uti­li­sation de la forme conjointe renforce l’effet de mise en relief : dans la phrase J’avais pas pensé à ça (sans y), il n’y a pas de mise en relief :

De cela, nous n’en sommes pas responsables.
À ça, je ne saurai jamais m’habituer. / Ça, je ne saurai jamais m’y habituer.
Vous auriez dû y penser plus tôt, à ça ! / Ça, vous auriez dû y penser plus tôt !
Tu m’avais parlé de bien des choses lors de ma dernière visite, mais de ça tu ne m’avais rien dit !
Ça, on en entendra reparler ! Siitä kuullaan taatusti lisää!
Ça, il en aurait été bien incapable. Siihen hän ei varmaan olisi pystynyt.