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311. Formes à référent générique ou neutre

1. Règle générale

À la 3e personne, la forme disjointe et la forme longue ont une variante soi/soi-mê­me. On l’uti­li­se dans les cas suivants :

a. Le sujet renvoie à un nom à valeur générique (p. 69), autrement dit non pas à un référent défini iden­ti­fia­ble, mais à toute une catégorie :

L’orgueilleux regarde les autres avec des yeux chassieux et soi-mê­me sans yeux, en aveugle.
Un chanteur c’est égoïste, ça ne pense qu’à soi, mais comme j’ai une femme très présente et avec qui je m’entends bien, ça a fait l’équilibre. [A. Souchon]

b. Le sujet est un pronom indéfini neutre (on, chacun, quelqu’un, personne, tout le monde, quiconque). Com­parer :

Chacun est rentré chez soi. / Tous sont rentrés chez eux.
On peut très bien faire ça soi-mê­me. / Il peut très bien faire ça lui-mê­me.
Dans la vie, chacun pense d’abord à soi-mê­me. / Julien pense d’abord à lui-mê­me.

c. Le pronom renvoie au sujet non exprimé d’un in­fi­ni­tif ou d’un verbe à la forme impersonnelle (il faut, il est bon de + in­fi­ni­tif etc.) :

Il faut toujours avoir un peu d’argent sur soi.
Il faut d’abord se le demander à soi-mê­me.
Travailler chez soi est aujourd’hui possible grâce au télétravail.
Face à une grave maladie, il est nécessaire de ne pas se replier sur soi.

d. Dans les groupes nominaux dérivés de cons­truc­tions verbales (qui ont par définition un sujet non exprimé impersonnel) :

Le repli sur soi, le respect de soi
l’estime de soi, l’image de soi

2. Emploi étendu de soi

Les francophones ont tendance à employer la forme soi mê­me en dehors de ces cas. On relève couram­ment des phrases du type il ne le sait pas soi-mê­me, ou bien il n’a pas assez confiance en soi (il faudrait dire normalement il ne le sait pas lui-mê­me et il n’a pas assez confiance en lui-mê­me). En fait, justement à cause de son emploi dans des contextes génériques, soi-mê­me est vraisemblablement senti comme un réfléchi « gé­né­ri­que » (au sens d’« universel », « passepartout »), qu’on peut uti­li­ser pour indiquer la va­leur réfléchie de tout sujet de 3e personne, exactement comme itse en finnois, que l’on ajoute simplement après le verbe pour indiquer une valeur réfléchie. Cependant, dans la la langue écrite soignée, il faut ap­pli­quer les règles du §1 ci-dessus.