Vous êtes ici : Les pronoms » Pronoms impersonnels et indéfinis » Les pronoms indéfinis
328. Quiconque, qui/quoi que ce soit

1. Quiconque

Le pronom indéfini quiconque s’uti­li­se essentiellement dans la langue écrite. Il a deux valeurs :

a. Il peut remplacer personne dans une phrase négative et sert en quelque sorte à renforcer l’idée négative : « personne d’autre », « absolument personne » :

Il a démissionné sans rien dire à quiconque.
La commune sert mieux la collectivité que quiconque.

b. Il constitue un pronom syncrétique (p. 220 §2) introduisant une proposition sub­or­don­née (relative) et il contient à la fois l’antécédent, tous ceux, toute personne et le pronom relatif qui (en finnois ce serait kuka tahansa [joka], jokainen [joka]). Dans cet emploi, quiconque est donc à la fois un pronom indéfini (jokainen) et pronom relatif (joka), et il est toujours rattaché à une proposition principale (contrairement à l’emploi de quiconque mentionné ci-dessus au point 1a) :

Quiconque désobéira sera puni.
La bourse n’est pas accordée à quiconque en fait la demande.

Dans la langue courante, on uti­li­se à la place de quiconque par exem­ple tous ceux qui, toute personne qui :

Tous ceux qui désobéiront seront punis.
La bourse n’est pas accordée à toute personne qui en fait la demande / à tous ceux qui en font la demande.

2. Qui que ce soit, quoi que ce soit

La locution pronominale qui que ce soit renvoie à un référent humain, quoi que ce soit à un référent non humain. Toutes deux s’uti­li­sent toujours dans une phrase de sens négatif : soit dans une phrase contenant un adverbe négatif (ne... pas), soit dans une proposition dépendant d’une autre proposition négative ou d’un verbe à sens négatif, soit dans une cons­truc­tion in­fi­ni­tive introduite par sans. Elles renforcent l’idée négative ; par exem­ple pas à qui que ce soit équivaut à à absolument personne :

Il ne faut pas le révéler à qui que ce soit.
Il a démissionné sans rien dire à qui que ce soit.
Je ne veux pas que vous le révéliez à qui que soit.
La police a dit qu’il ne fallait pas qu’on touche à quoi que ce soit avant l’arrivée des techniciens.
Ma promesse m’interdisait de le dire à qui que ce soit.
Il avait défendu expressément qu’on change quoi que ce soit dans son texte.
Il ne me semble pas que vous prouviez quoi que ce soit contre moi.

Les pronoms qui que ce soit/quoi que ce soit ne peuvent pas être le sujet de la phrase.

Attention à ne pas les confondre avec des cons­truc­tions concessives du type quoi que vous disiez, qui que vous pensiez être ou quelle que soit cette idée (voir p. 738 §3).

3. Variante de quiconque

Qui que ce soit peut être une variante renforcée de quiconque dans un contexte négatif :

La bourse n’est pas accordée automatiquement à qui que ce soit. [= à n’importe qui]
Comme je l’ai dit sur mon blog et sur le groupe, je ne veux pas faire le procès de la police ni de qui que ce soit. [= ni de personne d’autre]
Malraux disait qu’aucune espèce d’État ne peut assurer le bonheur de qui que ce soit. [= d’absolument personne]
Les membres s’engagent à conserver leurs informations et à ne pas les divulguer à qui que ce soit.
Chaque membre s’engage à ne pas tenir de propos diffamatoires, menaçants, injurieux, grossiers, racistes, xénophobes ou politiques vis-à-vis de qui que ce soit.