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337. Remarques sur les pronoms indéfinis

1. Ne pas abuser de on

Malgré les correspondances évidentes entre le finnois et le français, il faut éviter d’uti­li­ser trop fréquem­ment on pour traduire le passiivi, surtout si on veut effacer le sujet et rendre la phrase impersonnelle. En effet, on, quoique « impersonnel », renvoie bien à une « personne » (quelqu’un, des gens, etc.). Ainsi, dans la phrase suivante, il vaut mieux uti­li­ser le passif en français, et non pas on :

Meillä on ilo kutsua teidät juhlatilaisuuteen kaupunginkirjastoon. Tilaisuus järjestetään uuden lukusalin vihkimisen kunniaksi.
Nous avons le plaisir de vous inviter à une cérémonie qui se tiendra à la bibliothèque municipale. Cette cérémonie sera organisée à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle salle de lecture.

Si on disait On organisera cette cérémonie à l’occasion de…, le pronom on réfèrerait à une personne (inconnue) et cela signifierait plutôt « joku on halunnut järjestää tämän tilaisuuden » ou « Me järjestetään tilaisuus ». En français, le meilleur moyen d’effacer le sujet, c’est d’uti­li­ser le passif (qui n’est pas du tout la mê­me chose que le passiivi finnois). Il y a des cas où on peut employer on sans problème, mais il faut être prudent.

2. Accord du participe avec on

Quand on transcrit de la langue parlée, si on désigne un pluriel, on fait généralement l’accord du participe :

On [= les filles] est rentrées à pied. [plus fréquent que On est rentré à pied.]
On était crevées. [plus fréquent que On était crevé.]

Cet accord, logique et justifié, est condamné par certains puristes. Puisqu’il est parfaitement admis qu’on puisse faire l’accord au singulier quand le pronom pluriel nous renvoie à un singulier, comme dans nous sommes convaincue que... (nous de modestie, p. 253), il n’y a aucune raison rationnelle de condamner l’usage inverse, à savoir de faire l’accord au pluriel quand le pronom singulier on renvoie à un référent pluriel. C’est ce que confirme l’usage de la langue parlée ; si une personne d’un groupe de locuteurs fé­mi­nins dit la phrase suivante, elle fera de façon quasi certaine l’accord :

Eh ben nous on est vraiment pas contentes !