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341. Verbes et pronoms impersonnels

Les verbes employés impersonnellement sont des verbes qui n’ont pas d’actant identifiable ; voir les ex­pli­ca­tions p. 340 §2. Ces verbes sont de type varié.

1. Verbes météorologiques

Les verbes employés impersonnellement sont notamment des verbes décrivant des phénomènes météo­ro­lo­giques. Dans ce cas-là, on uti­li­se comme marque de 3e personne le pronom il :

Il pleut. Il y a du vent. Il vente. Il neige. Il fait beau.
Il tonne. Ukkonen jylisee. Il grêle. Sataa rakeita. [1]

On uti­li­se éga­le­ment le pronom il dans certaines expressions de temps :

Il fait nuit. Il est tard. Il fait jour.
Il est temps de partir.
Il est dix heures.
Il est trop tôt pour téléphoner.

2. Verbes indiquant un état de choses

Comme sujet de verbes employés impersonnellement indiquant un état de choses (notamment dans la langue parlée), on uti­li­se le pronom ça :

Ça sent mauvais (ça pue/ fam. ça chlingue) ici. Täällä haisee.
Fais attention, ça glisse ! Varo, täällä on liukasta. 
Ça cogne. On hirveän kuumaa.
Ça caille. Täällä jäätyy.
Ça chauffe ici. Täällä huhkitaan.
Ça me chatouille. Kutittaa.
Ça me gratte. Kutittaa/Hiertää.
Ça va barder. Kohta räjähtää.
Ça monte. On ylämäki.
Ça grimpe. On ylämäki.
Ça descend sec. On jyrkkä alamäki.
Ça décoiffe ! Rajua!

Les jeunes enfants étendent par analogie cet emploi aux verbes météorologiques et uti­li­sent par erreur le pronom ça : ça pleut. On uti­li­se aussi parfois cette tournure par plaisanterie dans la langue familière (mê­me chez les adultes) : ça pleut fort !

Comme le montrent les équi­va­lents finnois, qui sont uti­li­sés sans pronom sujet, le pronom ça sert uni­quement de « soutien » à la conjugaison du verbe en indiquant la personne verbale. Les équi­va­lents dans la langue écrite des exem­ples ci-dessus seraient par exem­ple :

Il y a une mauvaise odeur ici.
Fais attention, c’est glissant !
Le soleil tape fort.
Il fait froid.

3. Emploi familier de ça

Par analogie avec les verbes présentés au point précédent, dans la langue familière, on uti­li­se cette forme avec des verbes dont le sujet est un animé :

Ça travaille grave, en ce moment, à ce que je vois !
Alors, comment avance ton mémoire ? — Ça bosse, ça bosse.
Ça travaille dur à la permanence.
Regarde ces cyclistes, ça pédale ferme !

Dans cet emploi, le pronom ça n’est sans doute pas à interpréter comme un déictique désignant collec­tivement « les gens » et qui aurait une nuance « méprisante » (p. 296 §1) : au contraire, ça travaille ici ! peut être admi­ratif ou laudatif. Ça est bien un pronom sujet apparent d’un verbe impersonnel : l’action du verbe travailler est présentée comme une sorte de phénomène qu’on constate comme ça tape, ça pue, etc. Le procédé sé­man­ti­que est le mê­me dans ça chauffe.

4. Verbes sans actant

Le pronom ça sert éga­le­ment de sujet formel à des verbes impersonnels courants exprimant d’autres pro­cès sans ac­tant identifiable :

Comment ça va ?
Tu es prêt ? – Ça y est. Tullaan! 
Ça suffit ! Riittää! / Riittää jo!

Dans les expressions ça va, ça suffit, ça y est : le pronom ça n’est pas interchangeable avec cela, mais il y a chez certains locuteurs des hésitations à ce sujet et on trouve parfois cela dans cet emploi (voir §5 ci-des­sous). En finnois, ce pronom n’a pas d’équi­va­lent (le finnois n’a pas besoin de mot particulier pour indiquer la 3e per­son­ne).

5. Ça suffit

L’expression ça suffit est un cas dans lequel un « excès de beau langage » (uti­li­sation de cela à la place de ça par hypercorrectisme) provoque un changement de sens : cela suffit peut avoir le sens de « être suf­fi­sant pour » :

Cela suffit déjà pour montrer que cet exem­ple est mal choisi.

Dans ce cas, on peut évidemment uti­li­ser la variante langue parlée ça : ça suffit déjà pour… En revanche, quand ça suffit exprime l’impatience, le mécontentement (« j’en ai assez maintenant »), on ne peut pas remplacer ça par cela :

Encore de la pub ? *Cela suffit, maintenant. (voir faq p. 293).

C’est exactement la mê­me dif­fé­ren­ce qu’en finnois se riittää (« c’est suffisant ») et riittää! sans sujet (« j’en ai assez »). En français, on uti­li­sait an­cien­ne­ment la mê­me forme, puisqu’on disait simplement (sans sujet) Suffit ! ou avec un pronom il simple mar­que morphologique : Il suffit ! (des ceux formesse rencontrent couramment dans la langue classique).