Vous êtes ici : Les pronoms » Pronoms impersonnels et indéfinis » Les pronoms impersonnels
FAQ : Il faut et cons­truc­tion de falloir

1. Interprétation de la cons­truc­tion il faut

On comprend souvent la cons­truc­tion il faut + GN ou il faut + complétive comme un verbe suivi d’un « objet direct » : il faut quelque chose serait analogue à je veux quelque chose. Il n’en est rien : le GN ou la complétive (indiqués en vert ci-dessous) sont le sujet réel du verbe (voir p. 342) :

Il faudra de nouvelles analyses pour confirmer que c’est bien ce virus. 
Il faudrait plus de précisions.
Il faut que tu lui téléphones.

C’est pour cette raison que le verbe de la complétive se met au subjonctif, car normalement le verbe de toute complétive en fonction de sujet se met à ce mode (voir p. 656 et suivantes). Le subjonctif ne s’uti­li­se donc pas parce que falloir serait « l’objet » d’un verbe de « volonté », comme on le pense souvent.

De mê­me, dans la cons­truc­tion il faut + in­fi­ni­tif, l’in­fi­ni­tif est en fonction de sujet :

Il faut partir.
Il faut en parler
Il aurait fallu faire preuve de plus de détermination.

C’est ce qui dif­fé­ren­cie falloir de devoir : le verbe devoir est un auxiliaire modal, qui modifie l’in­fi­ni­tif (un peu à la manière d’un adverbe), tandis que falloir est un verbe intransitif. Cette dif­fé­ren­ce se voit notam­ment au passif. Le verbe falloir ne peut pas se mettre au passif, car il n’a pas d’objet direct :

Il faut examiner ce problème →
Ce problème doit être examiné.
[Ce problème *faut être examiné est agrammatical]

Voir p. 447 §2 (falloir/täytyy et transformation passive).

2. Construction du verbe falloir

Le verbe falloir se construit avec un objet in­di­rect : falloir à quelqu’un, exactement comme manquer à quelqu’un, voir p. 62 (car le verbe falloir a au départ ce sens de « manquer, faire défaut ») :

Il faut à ce garçon plus d’énergie.
Il faut à ce peuple un avenir.
Il faudrait à ce pays une réforme radicale des institutions.

La forme du pronom est donc le pronom conjoint COI me te lui etc. :

Il lui faut plus d’énergie.
Il lui faut un avenir.
Il nous faudrait une réforme radicale des institutions.
Il leur a fallu des années pour trouver un acheteur.

Dans la langue écrite, on uti­li­se la mê­me structure quand le sujet de falloir est un in­fi­ni­tif : le pronom COI indique alors l’actant à qui il est nécessaire de faire quelque chose :

Il lui faudrait réfléchir davantage avant de se décider.
Il me faut consulter un spécialiste.
Il nous fallut abandonner alors que nous avions à peine commencé la montée vers le camp de base.

Cette cons­truc­tion avec in­fi­ni­tif et COI ne peut s’uti­li­ser que si le COI est un pronom. On ne peut pas dire *il faut à ce pays se développer ou *il faut au malade consulter un spécialiste. Si le COI est un GN, il faut en faire le sujet d’un verbe dans une compétive :

Il faut que ce pays se développe.
Il faut que le malade consulte un spécialiste.

En outre, la cons­truc­tion avec in­fi­ni­tif et pronom COI s’uti­li­se essentiellement dans la langue écrite. Dans la langue courante, on uti­li­se il faut + complétive :

Il lui faudrait réfléchir davantage avant de se décider. → Il faudrait qu’il réfléchisse davantage avant de se décider.
Il me faut consulter un spécialiste. → Il faut que je consulte un spécialiste.
Il nous fallut abandonner. → Il a fallu que nous abandonnions.