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379. Les verbes du 2e groupe

1. Caractéristiques

Les verbes du 2e groupe ont tous une terminaison d’in­fi­ni­tif en -ir, et sont pratiquement tous réguliers. Il n’y a que très peu d’exceptions. Le radical de présent normal de ces verbes est -iss-, et le radical du passé simple est -i-. On trouve le radical -iss- à tous les temps simples, sauf au singulier du présent de l’in­di­ca­tif et de l’impératif ou SPI (p. 364), ainsi qu’au passé simple. Ces temps ont un radical court en −i :

choisir : je chois-is, nous chois-iss-ons, il chois-iss-ait, il chois-i-t [passé simple]
bâtir : je bât-is, nous bât-iss-ons, il bât-iss-ait, il bât-i-t [passé simple]

Voir le tableau de conjugaison d’agir p. 905.

2. Particularités

La morphologie des verbes du 2e groupe présente quelques particularités remarquables :

a. Les formes de l’in­di­ca­tif présent singulier sont identiques à celles du passé simple singulier :

je finis, tu choisis, il rougit

b. Les formes du subjonctif présent sont identiques à celles du subjonctif imparfait, sauf à la 3e personne du singulier :

(que) je finisse, (que) tu choisisses, (que) nous obéissions
(que) vous haïssiez, (qu’)ils pâlissent.
mais :
qu'il agisse [présent], qu'il agît [imparfait]

c. Le pluriel de l’in­di­ca­tif présent a les mê­mes formes que le pluriel du subjonctif présent : (que) nous finis­sions, (que) vous gémissez, (qu’)ils fournissent. Par conséquent :

rougissent = 3e personne du présent de l’in­di­ca­tif
rougissent = 3e personne du présent du subjonctif
rougissent = 3e personne de l’imparfait du subjonctif

d. Le présent du subjonctif et l’imparfait du subjonctif sont identiques (sauf à la 3e personne) : que je finisse, que nous finissions, etc. Cependant, si on analyse le radical, il ne s’agit pas de la mê­me formation : au présent du subjonctif, le radical est en -iss- ; à l’imparfait, le radical est le radical en i- du passé simple au­quel on ajoute le suffixe -ss- d’imparfait du subjonctif et les terminaisons. Si on veut ma­té­ria­liser la dif­fé­ren­ce, on obtient donc l’opposition suivante :

présent du subjonctifque je fin-iss-eque nous fin-iss-ions
imparfait du subjonctifque je fin-i-ss-eque nous fin-i-ss-ions

3. Exceptions

Dans le 2e groupe, les exceptions sont peu nombreuses.

a. Le verbe haïr, dans les formes du singulier de l’in­di­ca­tif présent et de l’impératif présent, n’a pas de tréma sur l’i (ï) et les lettres ai se lisent comme le digramme ai signifiant [e/ɛ], alors que les autres formes pré­sen­tent la graphie , qui se prononce en deux syllabes [ai]. Remarquer aussi l’h disjonctif, qui empêche l’éli­sion du e de je et la liaison avec les pronoms du pluriel :

in­di­ca­tif présent
je hais [ʒəɛ], tu hais [tyɛ], il hait [ilɛ]
nous haïssons [nuaisɔ̃], vous haïssez [vuaise], ils haïssent [ilais]
impératif
hais ! [ɛ], haïssons ! [aisɔ̃], haïssez ! [aise]
imparfait
je haïssais [aisɛ] etc.
subjonctif
que tu haïsses [ais], etc.

b. Le verbe fleurir a deux radicaux : fleur- dans le sens concret (olla kukassa) et flor- au sens figuré (kukoistaa, menestyä) ; le radical flor- ne se rencontre qu’à l’imparfait de l’in­di­ca­tif et au participe présent :

Les arbres fleurissaient. Puut kukkivat.
Son entreprise florissait. Hänen yrityksensä kukoisti.
Son entreprise était florissante.

c. Le participe passé du verbe bénir est bénit (avec t) dans les mots pain bénit (ehtoollisleipä) et eau bénite (vih­ki­ve­si). Mais pour la conjugaison des temps composés, on uti­li­se la forme normale béni : le prêcheur a béni la foule.

d. Rangé habituellement parmi les verbes irréguliers du 3e groupe, le verbe maudire se conjugue exac­te­ment comme un verbe du 2e groupe. Les seules dif­fé­ren­ces ou irrégularités sont l’in­fi­ni­tif terminé par -re au lieu de ir, et le participe passé en -t : maudit. Pour le reste, le verbe se conjugue comme finir.