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400. Valeur de passif ou d’impersonnel

1. Valeur prescriptive ou de vérité générale

Un verbe transitif uti­li­sé avec le pronom réfléchi peut prendre un sens de passif ou d’impersonnel, qui rappelle le passiivi impersonnel finnois :

Ce médicament se prend avant le repas. Tämä lääke otetaan ennen ateriaa.
La maison s’est vendue facilement. Talo myytiin helposti.
Ce livre se lit rapidement.
Ce disque se vend très bien.
Où est-ce que ça s’achète ?
Cela se voit.
Comment ça s’écrit ?
Cela s’entend qu’il n’est pas français.
Un enfant s’élève dans la douceur et la compréhension.
Au restaurant, il se consomme des quantités considérables de champagne.

Cet emploi est possible pour de nombreux verbes (transitifs directs seulement), mais n’est pas aussi éten­du qu’en italien, par exem­ple. Cette cons­truc­tion exprime souvent une vérité générale, ou un précepte. Elle s’uti­li­se pour marquer la valeur générique de l’action (on indique que l’action s’applique à tous les ob­jets envisagés), contrairement au passif, où on souligne plutôt la valeur aspectuelle ou temporelle. Com­pa­rer :

Ce livre se lit facilement. Kirja on helppolukuinen.
Ce livre est lu facilement. Tämä kirja on äkkiä luettu.
Comment ça s’écrit ? Miten se kirjoitetaan?
Comment c’est écrit ? Miten se on kirjoitettu?

Cette nuance n’existe pas dans le passiivi finnois. Il faut donc manier la cons­truc­tion passive impersonnelle avec précaution. En fonction du sens du verbe et du contexte d’uti­li­sation, le passif impersonnel peut ap­por­ter parfois une nuance supplémentaire. [1] Dans d’autres cas, il n’y a pas vraiment de dif­fé­ren­ce avec le passif :

La maison s’est vendue facilement. = La maison a été vendue facilement.

2. Dans les cons­truc­tions disloquées

Les cons­truc­tions avec passif à valeur impersonnelle sont en revanche très fréquentes dans la langue par­lée, en position détachée dans des phrases clivées (soit en prolepse, soit en rappel, voir p. 513 et p. 514). Dans ces cons­truc­tions, la valeur générale/générique de la cons­truc­tion réfléchie est renforcée par l’uti­li­sation du pronom ça (mais pas exclu­si­ve­ment, l’emploi de il est possible aussi) :

Ça s’écrit comment, votre nom ?
Ça se mange comment, les artichauts ?
Le champagne, ça se boit frappé.
Ça/Il s’ouvre comment, ce truc ?
Ça s’achète où, ce produit ?
Le pouvoir, ça se prend par la force.
Ça se prend comment, la température d’un chat ?