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406. Généralités concernant les temps verbaux

1. Une approche contrastive

À l’in­di­ca­tif, un certain nombre des temps verbaux du français ont un équi­va­lent formel en finnois (par exem­ple le présent ou le plus-que-parfait), d’autres sont sans équi­va­lent (passé antérieur). Inversement, les temps verbaux du finnois ont tous un équi­va­lent formel en français, mais les temps ne correspondent pas toujours par leur fonction ou leur emploi à leur équi­va­lent français. Ceci concer­ne en particulier l’imperfekti finnois, autrement dit le prétérit (sur la terminologie, voir §2 ci-dessous).

Ce chapitre présente les principales caractéristiques des temps verbaux de l’in­di­ca­tif en français et les dif­fé­ren­ces qui existent avec les temps correspondants du finnois. Le futur, temps verbal formel­lement inexistant en finnois et qui pose beaucoup de problèmes, est traité à part (p. 420). Les temps du subjonctif et la formation du passif sont traités respectivement p. 431 et p. 440. À l’in­fi­ni­tif et au participe, le choix des temps ne pose pas de grands problèmes et les deux temps de chacun de ces modes (présent et passé) sont étudiés au chapitre 13.

2. Terminologie finlandaise

Le terme de temps verbal désigne ici les temps de la terminologie grammaticale tels qu’ils apparais­sent dans les tableaux de conjugaison : in­di­ca­tif présent, impératif présent, plus-que parfait de l’in­dicatif, etc.

Exactement comme les langues germaniques, le finnois a un prétérit qui marque à la fois l’évènementiel / achevé : hän tuli : « il arriva / il est arrivé », et le non achevé (présent du passé) : hän luki kirjaa « elle lisait un livre ». En finnois, on désigne ce temps du terme impropre et malen­contreux d’imperfekti (imparfait). Ce terme est impropre, car il désigne aussi autre chose que le non achevé. Ainsi, on peut dire hän kuoli eilen « elle est morte hier », ce qui pour un francophone, est tout le contraire d’une action « imparfaite ». La persistence de l’usage de ce terme s’explique probablement en partie par le fait que le ter­me imperfekti n’est pas motivé (au sens lexical) pour la majorité des usagers fin­no­pho­nes, contraire­ment au terme français imparfait, qui est transparent mê­me pour un non grammairien. Ou du moins le terme imperfekti n’était pas motivé avant que l’apprentissage des langues étrangères ne progres­se en Finlande – à supposer que les usagers d’aujourd’hui sachent seulement faire le rapproche­ment entre le terme grammatical finnois imperfekti et par exemple l’anglais imperfect (terme non grammatical). Le terme est éga­le­ment malencontreux dans la mesure où il induit une cor­res­pon­dan­ce fâcheuse et trompeuse entre imperfekti et imparfait. Cette ressemblance fait que de nombreux dé­bu­tants traduisent presque sys­té­ma­ti­quement tout imperfekti (c’est-à-dire un prétérit) par un imparfait, même quand il exprime l’achevé.