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408. Autres formes et valeurs du présent

1. Le présent exprimé par un autre temps verbal

Certains temps verbaux autres que le présent peuvent parfois servir à exprimer un véritable présent (l’énon­cia­tion et l’action sont concomitantes). Ces différents temps sont souvent un moyen d’atté­nuer une affirmation. En mettant une distance fictive entre le moment de l’énonciation et le temps indiqué par le verbe, le locuteur se détache de son affirmation et la rend moins directe. Ces temps sont :

– le futur « de politesse » ; il a souvent comme équi­va­lent en finnois le conditionnel :

 Je vous ferai remarquer que ces exem­ples sont tous originaux.
Haluaisin korostaa, että kaikki esimerkit ovat uusia.
À cela, je répondrai que vous n’avez pas tout à fait tort.
Tähän vastaisin, että ette ole aivan väärässä.

– l’imparfait « de politesse » ; il se rend en finnois par le conditionnel :

Je voulais vous demander quelle date vous conviendrait pour l’examen.
Bonjour Madame, je voulais savoir si je peux réserver des billets par téléphone.

– le passé composé peut éga­le­ment avoir cette valeur de présent atténué :

Je suis venu vous dire que je prendrai mes vacances du 12 au 28 juillet.

Cet emploi du passé composé n’a pas d’équi­va­lent direct en finnois.

2. Présent historique

Inversement, la forme verbale du présent peut aussi « cacher » un autre temps. Souvent, il n’y a pas d’é­quiva­lents directs en finnois, il faut donc savoir interpréter le présent correctement, pour le traduire par le temps adéquat en finnois.

Avec le présent historique, on présente un évènement passé comme s’il se déroulait au moment de l’é­non­cia­tion. Cet emploi existe en finnois aussi (dramaattinen preesens ou historiallinen preesens), quoiqu’il soit nettement moins fréquent qu’en français. Dans cet extrait du Zadig de Voltaire, les passés simples (en bleu) alternent avec les présents historiques (en orange) qui décrivent le combat entre l’Égyptien et Zadig :

À ces cris, Zadig courut se jeter entre elle et ce barbare. Il avait quelque connaissance de la langue égyptienne. Il lui dit en cette langue : « Si vous avez quelque humanité, je vous conjure de respecter la beauté et la faiblesse. Pouvez-vous outrager ainsi un chef-d’œuvre de la nature, qui est à vos pieds, et qui n’a pour sa défense que des larmes? – Ah ! ah ! lui dit cet emporté, tu l’aimes donc aussi ; et c’est de toi qu’il faut que je me venge. » En disant ces paroles, il laisse la dame qu’il tenait d’une main par les cheveux, et, prenant sa lance, il veut en percer l’étranger. Celui-ci, qui était de sang-froid, évita aisément le coup d’un furieux. Il se saisit de la lance près du fer dont elle est armée. L’un veut la retirer, l’autre l’arracher. Elle se brise entre leurs mains. L’Égyptien tire son épée ; Zadig s’arme de la sienne. Ils s’attaquent l’un l’autre. Celui-ci porte cent coups précipités ; celui-là les pare avec adresse. La dame, assise sur un gazon, rajuste sa coiffure et les regarde.

3. Autres aspects exprimés par le présent

Le présent s’uti­li­se aussi à propos d’évènements ayant commencé et qui durent encore, après la pré­po­si­tion depuis ou la cons­truc­tion cela fait … que. En finnois, le temps correspondant est le parfait (perfekti) :

 Ce personnage à la destinée extraordinaire inspire depuis trois siècles à ceux qui ont hérité de son nom de singuliers comportements.
Ça fait trois jours qu’il neige.
Cet employé n’est plus chez nous depuis l’an dernier, il a trouvé un poste mieux payé en Angleterre.
Cela fait plus de trente ans que la maison n’a pas été repeinte.

Le présent peut être étendu sur le passé et associé aux conséquences d’un passé. Dans ce cas, en finnois on uti­li­se généralement le prétérit :

Figure-toi que Jean m’apprend à l’instant qu’il s’est marié samedi.
Qui est-ce qui t’envoie ?