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420. Généralités

1. Futur et avenir

Le terme de « futur » a un double emploi en grammaire (et dans la langue courante) : il désigne le « futur morphologique », c’est-à-dire une forme verbale, un « temps » au sens finnois de aikamuoto, tempus (qui peut exister ou ne pas exister dans une langue donnée), et il désigne aussi une « époque » par opposition au présent ou au passé. À proprement parler, il n’y a en français qu’un seul temps qui puisse être ca­rac­té­ri­sé comme futur du point de vue morphologique, autrement dit une seule forme verbale « spécialisée » dans l’expression du futur et formée sur un radical particulier : le futur simple ou « futur en r » : je mar­cherai, il dira, nous prendrons etc. (voir les tableaux de conjugaisons des verbes p. 900 et suivantes). Ce futur simple a un temps composé appelé « futur antérieur », qui se forme avec le futur simple de l’auxi­liai­re et le participe passé (p. 424).

Cette double valeur est sans doute une des sources de dif­fi­cul­té d’apprentissage du futur en français pour les fin­no­pho­nes et pour d’autres apprenants FLE, car ils ont tendance à croire qu’en français toute action future doit être exprimée par un futur en r.

2. Des termes trompeurs

De la mê­me manière, il existe en français un futur composé avec le verbe aller et un in­fi­ni­tif :

je vais téléphoner, il va tout avouer, nous allons vous aider etc.

Dans les grammaires, cette forme est appelée couramment « futur proche », et la terminologie finnoise reprend le mê­me terme, lähifutuuri. Par sa structure, cette forme rappelle en outre à s’y méprendre le futur périphrastique finnois, bien que celui-ci soit formé non pas avec le verbe aller mais avec le verbe venir : tulla -mAAn (tulen selittämään, tulemme antamaan etc.). La ressemblance est évidente sur le plan mor­pho­lo­gique. La conséquence en est que les ap­pre­nants fin­no­pho­nes ont tendance à abuser du futur « proche » pour exprimer toute action qui se place dans un avenir non lointain et mê­me pour exprimer un futur plus éloigné, comme la forme finnoise correspondante. Or la fonction de cette forme composée en français est souvent très dif­fé­ren­te de l’idée de futur proche, et, en tout état de cause, très dif­fé­ren­te de celle exprimée par le futur périphrastique finnois.

Pour cette raison, il serait plus opportun (et moins trompeur pour les apprenants FLE, qu’ils soient fin­no­pho­nes ou autres) de désigner ce temps de préférence par le terme générique de futur pé­ri­phras­tique. Le terme futur proche et son équi­va­lent finnois lähifutuuri donnent une vision trop res­treinte de l’emploi de ce temps verbal.

Remarque : sur les termes employés dans ce chapitre, voir page suivante.

3. Une tâche difficile

Tous ces termes se ressemblent beaucoup, mais ont un « contenu » différent (et souvent un contenu dif­fé­rent de ce que les apprenants imaginent). Il est donc compréhensible que l’ap­pre­nant FLE éprouve quel­que dif­fi­cul­té à uti­li­ser le futur français. Si, comme c’est le cas en finnois, dans la langue mater­nel­le de l’apprenant il n’existe pas de futur morphologique, il s’agit pour lui :