Vous êtes ici : Les verbes » Valeur des temps, modes et voix  » Le subjonctif
432. Le subjonctif dans les propositions sub­or­don­nées cir­cons­tan­cielles

Le subjonctif s’uti­li­se dans pratiquement tous les types des propositions sub­or­don­nées cir­cons­tan­cielles (sauf les comparatives). Tantôt c’est le seul mode uti­li­sé, tantôt il est en concurrence avec l’in­di­ca­tif.

1. Subordonnées causales

Les conjonctions non que et soit que sont suivies du subjonctif. On uti­li­se cependant aussi fréquemment l’in­di­ca­tif après soit que (voir p. 714) :

J’évite généralement de les critiquer di­rec­te­ment, non que je me méprenne sur leurs intentions, mais ils ont toujours été si serviables.
Soit qu’il ait mal compris nos instructions, soit qu’il l’ait fait exprès, il est arrivé avec une demi-journée de retard.

2. Subordonnées finales

Le subjonctif est le mode normal dans les propositions finales introduites par les conjonctions afin que, pour que, de peur que, de crainte que, de façon que, de (telle) sorte que, de manière que. Voir p. 720 :

Comportez-vous de telle sorte que vos amis puissent prendre votre défense, mais sans jamais avoir à le faire.
Afin que l’épreuve spécifique d’anglais des baccalauréats professionnels section européenne puisse se dérouler de façon identique dans tous les établissements, voici le rappel de quelques consignes qui doivent être appliquées par tous.

De mê­me, on uti­li­se le subjonctif après la conjonction que suivant un impératif ou une injonction (p. 720 §6) :

Viens donc là, que je te remette ton bonnet comme il faut.
Essayez de revenir une autre fois, qu’on puisse de nouveau passer une bonne soirée ensemble.

3. Subordonnées consécutives

Le mode normal est l’in­di­ca­tif, mais le subjonctif s’uti­li­se après assez ... pour que, trop … pour que, voir p. 727 :

La commune a débloqué assez d’argent pour que les travaux de la nouvelle crèche puissent enfin commencer.
Il pleut bien trop pour que nous puissions partir faire un pique-nique.
Il n’avait pas assez neigé pour qu’il soit absolument nécessaire de damer la piste.
Le projet n’avait pas recueilli assez de soutien pour qu’il soit rationnel de le poursuivre.

Dans la langue soutenue, on uti­li­se aussi le subjonctif après une principale négative ou interrogative avec inversion (p. 727 §2) :

Cette décision était-elle tellement importante qu’elle imposât la réunion de tout le conseil d’administration ?
Avez-vous tant de soucis que vous en perdiez le sommeil ?
Il n’avait pas montré une telle compétence qu’il faille d’office le nommer chef du personnel.

On uti­li­se éga­le­ment le subjonctif après les conjonctions de sorte que, de manière (à ce) que quand elles ont une valeur de but (p. 720 §3) :

On conçoit l’instrument de manière qu’on puisse déduire le poids spécifique du liquide d’après la profondeur où il y plonge.
Vos avant-bras doivent former un angle droit avec vos bras, le clavier doit être disposé de telle sorte qu’il soit au niveau de vos doigts.

4. Subordonnées concessives

Le verbe se met au subjonctif dans les propositions introduites par bien que, quoique, encore que, quitte à ce que. Le subjonctif s’uti­li­se aussi régulièrement dans les cons­truc­tions avec pronom/ déterminant in­dé­fini ou adverbe du type quel… que/ quelque … que / si … que etc., voir p. 731 et sui­van­tes :

Bien qu’ils aient tous deux la qualité d’exploitant agricole, le propriétaire d’un domaine viticole et le métayer exploitant ce domaine ne peuvent être regardés comme des associés partageant les résultats d’un groupement constitué entre des co-exploitants.
Vous savez mieux que moi, quels que soient nos efforts, / Que l’argent est la clef de tous les grands ressorts [Molière].
La vérité de ces deux analogies, quelque compliquées qu’elles fussent, fut pleinement établie par les observations de Cassini.
Personne ne peut, quelles que soient ses convictions, uti­li­ser des arguments qui humilient des êtres humains.
Seulement voilà, tout spécialiste qu’il soit, l’expert parfois se trompe.

Remarque : le subjonctif est aussi uti­li­sé comme une sorte de « conditionnel présent 2e forme » dans les expressions à valeur concessive dussè-je, ne fût-ce, voir p. 761.

5. Subordonnées temporelles

Le verbe se met au subjonctif dans les propositions introduites par avant que, jusqu’à ce que, en atten­dant que, le temps que, d’ici que, voir p. 749 :

Une personne désignée par un membre de la commission pour le représenter peut, en attendant que le Conseil ait confirmé sa désignation, participer aux travaux de la commission avec les mê­mes droits que les autres représentants.
Mélangez le tout avec une cuillère en bois jusqu’à ce que vous obteniez une pâte homogène.

6. Subordonnées conditionnelles

Le verbe se met au subjonctif dans les propositions introduites par à condition que, à moins que, à sup­poser que, en admettant que, si tant est que, pour peu que, voir p. 759 :

La réservation est très rapide, à condition que toutes les données aient été entrées en bonne et due forme.
Même à supposer que le juge de police eût commis une erreur dans l’évaluation des faits, il ne serait pas acceptable d’en faire supporter les conséquences par la requérante, en la condamnant deux fois pour les mê­mes évènements.

Quand une sub­or­don­née conditionnelle est reprise par que, le verbe se met au subjonctif, sauf s’il s’agit d’un éventuel (p. 756 §3) :

Si vous êtes malade et que vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à m’appeler.
S’il venait à Paris et qu’il se sente un peu perdu, dites-lui de venir chez moi.
Si je te le disais et que tu ailles le raconter à d’autres, ce serait terrible.

Le subjonctif après la conjonction que peut exprimer la condition (p. 760 §4) :

Que l’un de ces adverbes disparaisse, et la phrase n’a plus de sens.