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433. Le subjonctif dans les propositions complétives

Dans les propositions complétives, le subjonctif est le mode employé majoritairement, mê­me si l’in­di­ca­tif s’emploie assez fréquemment en concurrence avec celui-ci. Les règles, assez complexes, sont exposées au chapitre 19, et elles sont résumées ci-dessous.

1. Complétive COD

Quand la complétive est com­plé­ment d’objet direct du verbe de la proposition principale, le verbe de la complétive se met au subjonctif dans les cas suivants :

– le verbe de la principale exprime une volonté, un effort, une interdiction, une crain­te (p. 653) :

vouloir que, interdire que, approuver que, demander que, craindre que, recommander que, etc.

– le verbe de la principale exprime un sentiment, un état d’esprit (p. 653) :

déplorer que, s’étonner que, se féliciter que, regretter que, etc.

– dans le cas de certains verbes, le verbe de complétive peut se mettre au subjonctif ou non, en fonction du sens du verbe de la principale (p. 654) :

entendre que + in­di­ca­tif kuulla
entendre que + subjonctif edellyttää, vaatia

– dans la langue soutenue, quand la complétive est com­plé­ment de certains verbes d’opinion à la forme négative (p. 666) ou interrogative (p. 667), mais uniquement quand l’interrogation se fait par inversion du sujet, pas avec la forme est-ce que  :

Nous ne pensons pas que ce soit réalisable.
Croyez-vous qu’il y ait des chances de retrouver des survivants ?

2. Complétive com­plé­ment d’adjectif

Quand la complétive est com­plé­ment d’un adjectif, le verbe de celle-ci se met au subjonctif (p. 665)  :

Je suis étonné que tu sois venu.
Nos amis sont très contents que nous venions leur rendre visite.

3. Complétive sujet du verbe

Le verbe de la complétive se met normalement au subjonctif quand la complétive est sujet du verbe de la prin­cipale (p. 656). Il y a deux cas de figure principaux :

– ordre des mots normal : quand la complétive est sujet du verbe de la principale, devant le verbe :

Qu’ils vous aient répondu de cette manière ne m’étonne guère.

– sujet inversé : quand la complétive est sujet réel du verbe de la principale et postposée à ce verbe (et on emploie habituellement un pronom apparent devant le verbe), dans des cons­truc­tions de types variés :

Il faut que vous répondiez le plus vite possible.
Il est exclu que l’octroi de cette subvention soit remis en question.
C’est une grande chance qu’on ait découvert la fuite de gaz à temps.
Peu importe qu’ils ne soient pas d’accord, on le fera quand mê­me !
Il n’est pas normal que cette demande n’ait pas encore été examinée.

Les cons­truc­tions où la complétive est sujet réel postposé sont très fréquentes en français et elles com­por­tent de nombreuses variantes, dans lesquelles l’in­di­ca­tif est parfois possible éga­le­ment. Mais dans l’en­sem­ble, on peut dire que quand la complétive est sujet du verbe, le mode normal et majoritaire est le sub­jonc­tif.