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435. Le subjonctif en dehors de la subordination : valeur d'impératif

Bien que le subjonctif soit fondamentalement le mode de la subordination, on le trouve employé dans cer­tains cas dans des propositions indépendantes (ou des propositions principales suivies d’une sub­or­don­née). Certains de ces emplois sont des survivances de cons­truc­tions anciennes qui ne sont plus pro­duc­tives.

1. Le subjonctif suppléant de l’impératif

Contrairement au finnois, l’impératif en français ne compte à proprement parler que trois formes, celles de la 2e personne du singulier et des 1e et 2e personnes du pluriel. L’équi­va­lent de la troisième personne de l’impératif en finnois se forme en français avec un subjonctif introduit par la conjonction que :

2e sg. Parle ! Obéis ! Pars !
3e sg. Qu’il parle ! Qu’il obéisse ! Qu’il parte !
1e pl.  Parlons ! Obéissons ! Partons !
2e pl.  Parlez ! Obéissez ! Partez !
3e sg. Qu’ils parlent ! Qu’ils obéissent ! Qu’ils partent !

Autres exem­ples :

Que chacun reste chez soi !
Que vos enfants apprennent à se tenir !
Qu’il aille au diable ! Painukoon suolle! [1]
Qu’il attende jusqu’à ce que je lui téléphone.

2. Expressions figées

Cet impératif s’est maintenu éga­le­ment dans des expression figées dans lesquelles le sujet (non animé) n’est pas exprimé et dont la structure de départ s’est obscurcie pour l’usager moyen :

coute que coute [s’interprète ainsi : « que cela coute ce que ça coutera »]
« maksoi mitä maksoi = hinnalla millä hyvänsä »
vaille que vaille « niin kuin voi = jotenkuten »

Remarque : l’impératif peut aussi être exprimé par un in­fi­ni­tif (p. 463).