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438. Expressions avec le verbe savoir au subjonctif

1. Je ne sache pas que

La cons­truc­tion je ne sache pas que s’emploie souvent par litote (et ironiquement) à la place de autant que je sache / à ma connaissance, en finnois tietääkseni + négation :

Je ne sache pas qu’il ait jamais été en Espagne.
Je ne sache pas que la stratégie du parti face aux ravages du capitalisme ait donné des résultats significatifs.

Bien qu’anciennement cette cons­truc­tion ait pu être uti­li­sée avec le sujet on ou nous, dans la langue mo­der­ne elle est limitée à la 1e personne du singulier. De mê­me, dans la langue moderne, elle est toujours suivie de la conjonction que (anciennement on pouvait aussi uti­li­ser un COD nominal). Cette cons­truc­tion peut aussi peut s’insérer dans une relative explicative (style soutenu et assez peu fréquent) :

Une règle certaine, à laquelle je ne sache pas qu’un seul bon écrivain ait échappé [exem­ple tiré de : Le bon usage 2007 §895]

2. Que je sache

L’expression que je sache est une variante de la cons­truc­tion précédente, qui s’uti­li­se après une phrase négative comme commentaire sous forme de phrase détachée ; elle est plus fréquente et de style moins soutenu que la cons­truc­tion je ne sache pas que :

Il n’a jamais été en Espagne, que je sache.
La stratégie du parti face aux ravages du capitalisme n’a pas donné des résultats significatifs, que je sache.
Pourquoi ne fait-il plus de natation ? Il n’est pas malade, que je sache.

La cons­truc­tion que je sache correspond par le sens exactement au finnois in­fi­ni­tif+ksi + suffixe per­sonnel : tietääkseni, muistaakseni, käsittääksemme etc. Cependant, contrairement au finnois, en français elle n’est possible qu’avec le verbe savoir, alors qu’en espagnol, par exemple, on peut l’uti­li­ser avec des verbes divers saber (que yo sepa), recuerdar (que yo recuerde), veer (que yo aya visto). La cons­truc­tion habituelle permettant de ren­dre l’idée de muistaakseni, tietääkseni etc. est (pour) autant que + subjonctif (p. 760 §3) :

J’ai, pour autant que je m’en souvienne, toujours voulu être chercheur.
Pour autant que j’aie pu le découvrir sur Internet, le narcisse serait symbole d’égoïsme, mais aussi de « beauté triomphante et cruelle de la jeunesse ».
La seule question est donc de savoir si ces principes de traduction sont respectés ; pour autant que nous ayons pu le vérifier, ils le sont effectivement.

Ainsi on pourrait formuler tous les exem­ples cités dans ce paragraphe de la manière suivante :

Pour autant que je sache, il n’a jamais été en Espagne.
Pour autant que je sache, la stratégie du parti face aux ravages du capitalisme n’a pas donné des résultats significatifs.
Pourquoi ne fait-il plus de natation ? Pour autant que je sache, il n’est pas malade.

3. Pas que je sache

Pas que je sache est une locution figée qui s’uti­li­se dans la langue parlée en réponse à une question, com­me variante de l’expression pas à ma connaissance « ei tietääkseni ». Elle est d’un emploi tout à fait cou­rant, mais d’un registre légèrement familier :

Le courrier est déjà arrivé ? – Pas que je sache.
Est-ce que vous avez déjà eu des réactions allergiques à ce médicament ? – Pas que je sache.