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445. L’expression de l’agent

1. Préposition par

L’agent de l’action du verbe passif est exprimé par le com­plé­ment d’agent, qui est en général introduit par la pré­po­si­tion par :

La symphonie « Kullervo » a été composée par Sibelius.
L’attentat a été commis par des indépendantistes.
L’accident a été vu par plusieurs témoins.
L’usine a été occupée par des manifestants.

Un pronom personnel com­plé­ment d’agent se met à la forme disjointe :

J’ai écrit la lettre. → La lettre a été écrite par moi.
Ils nous l’ont recommandé. → Il nous a été recommandé par eux.

L’uti­li­sation du pronom personnel comme agent est relativement rare, mais, contrairement à ce qu’af­fir­ment cer­tains manuels de grammaire, elle est parfaitement possible et normale. Elle permet par exem­ple de mettre en relief le référent de l’agent :

La lettre a été écrite par moi [c’est-à-dire : et pas par eux].

En général, dans ce cas on uti­li­se cependant plutôt une phrase clivée (p. 516) :

C’est moi qui ai écrit la lettre.
Ce sont eux qui nous l’ont recommandé.

2. Préposition de

Dans certains cas, l’agent s’exprime avec la pré­po­si­tion de. En général, c’est quand l’action ex­pri­mée par le verbe n’a pas un effet direct sur l’objet. Comparer :

(a) Il a été tué par son frère.
(b) Il est admiré de son frère.

Dans la phrase (b), le sujet Il n’est pas vraiment « transformé » par le verbe. Ainsi, dans la lan­gue écrite, on uti­li­se de après des verbes de sentiment : aimer, estimer, admirer, toucher (lii­kut­taa), détester, haïr, re­je­ter (hylätä) etc., ou qui expriment une activité intellectuelle : connaitre, ou­blier, accepter, ignorer etc. :

Il était aimé de tous.
Cet auteur était haï de ses contemporains.
Cet acteur est connu de tous.
Cet écrivain, célèbre autrefois, est mort oublié de tout le monde.

On emploie éga­le­ment la pré­po­si­tion de après des verbes indiquant une situation dans l’es­pa­ce : précéder, suivre, entourer, etc., surtout si l’agent est non animé :

En français, le nom est en général précédé d’un article.
L’inauguration sera suivie d’une réception.
Le hall est entouré de colonnes [de = de + des, règle d’effacement p. 53]
Le toit est couvert de neige.

On peut ainsi apprécier la dif­fé­ren­ce :

Ce vieux professeur était respecté de tous. (respecter kunnioittaa)
Les instructions du professeur n’ont pas été respectées par les élèves. (respecter noudattaa) La jument était suivie par un bel étalon noir. Kaunis musta ori seurasi tammaa.
La jument était suivie d’un cheval noir. Tamman jälkeen tuli musta hevonen. [par exemple dans un concours hippique]

Après certains verbes, on uti­li­se de quand le verbe a un sens figuré. Comparer :

Bernard a été écrasé par un autobus. Bernard jäi linja-auton alle.
Bernard est écrasé de soucis. Bernard on huolien murtama.
Le bateau a été saisi par les douanes. Tulli takavarikoi veneen.
Il a été saisi d’un doute. Hänet valtasi epäily.

Remarque : Dans la langue courante, on uti­li­se souvent par mê­me dans les cas décrits ci-dessus. Pour introduire un GN com­plé­ment d’agent d’un verbe passif, la pré­po­si­tion de s’uti­li­se surtout dans la langue écrite ou dans des cas particuliers (sens figuré).

3. Sujet on

Si le sujet du verbe actif est on, il n’est pas exprimé dans le passif, car on n’est pas un véritable pronom in­dé­fini indépendant, il peut uniquement être employé en fonction de pronom con­joint sujet similaire à je et tu (voir page suivante et remarque p. 337 §1).