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462. Emploi de l'in­fi­ni­tif

1. Complément ou sujet du verbe

Le plus fréquemment, l’in­fi­ni­tif est employé comme com­plé­ment ou sujet d’un verbe. Dans ce cas, il est le plus souvent précédé du subordonnant de (exemples b et c). Voir le détail p. 464 et suivantes :

(a) Ne pas assez dormir nuit à la santé.
(b) Nos voisins ont décidé de déménager.
(c) Il est normal de s’inquiéter un peu de l’avenir de ses enfants.

L’autre emploi courant de l’in­fi­ni­tif, ce sont les propositions in­fi­ni­tives, qui peuvent fonc­tion­ner comme une complétive (exem­ples a et b) ou comme une proposition cir­cons­tan­cielle (exem­ples c et d) :

(a) J’entends les enfants se disputer.
(b) Nous estimons ne pas avoir à vous répondre.
(c) Faute d’avoir réservé à temps, nous avons dû payer le prix fort.
(d) Après avoir obtenu son bac, elle a passé un an en Inde.

2. L’in­fi­ni­tif employé comme nom

En français, l’in­fi­ni­tif est parfois uti­li­sé comme un nom. Il est alors de genre neutre. Dans cet emploi, il cor­res­pond à l’in­fi­ni­tif finnois en -minen. La plupart du temps, les in­fi­ni­tifs uti­li­sés comme noms sont cependant devenus des noms à part entière, qui ne sont plus sentis comme des in­fi­ni­tifs :

le rire, le souvenir, le souper, le devenir (= l’évolution)
le lever du soleil, le boire et le manger etc.

D’autres in­fi­ni­tifs nominalisés ne peuvent s’employer que dans certains contextes ou dans un emploi figé, par exem­ple l’expression le sortir de / au sortir de, où sortir est synonyme de sortie :

Malgré tout, quels sont les nouveaux rapports de force au sortir de la guerre ? [= à la sortie]
Sa Troisième symphonie à l’héroïsme triomphant marque le sortir de la crise de 1802. [= la sortie]

Dans le discours philosophique…

En français moderne, on uti­li­se typiquement l’in­fi­ni­tif nominalisé dans le discours de type phi­lo­so­phi­que :

le non croire, le renaitre
Exposé sur La mort et le mourir chez Montaigne

Dans la langue courante, on dirait le fait de ne pas croire, le fait de renaitre etc.

3. L’in­fi­ni­tif détaché

Dans la langue parlée, on peut uti­li­ser l’in­fi­ni­tif seul en position détachée en tête de phrase, autrement dit en prolepse, avec dislocation à gauche (p. 513). Il est aussi fréquemment uti­li­sé en position de rappel, par dislocation à droite (p. 514). Il est alors systématiquement précédé de son subordonnant de. Voir le détail p. 470.