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464. Les subordonnants d’infinitif : in­fi­ni­tif COD d’un verbe

1. Le subordonnant d’infinitif

En français, l’in­fi­ni­tif peut dans certains cas s’uti­li­ser à la forme « nue » (partir, venir, faire), mais le plus sou­vent il est précédé d’un élément qu’on appelle subordonnant (ou com­plé­menteur), tout à fait com­parable à ce qu’on trouve dans les langues germaniques (anglais to, suédois/danois att, islandais , al­le­mand zu, etc.). Le plus souvent, le subordonnant est de, plus rarement à. Ce mot fait partie du groupe de l’in­fi­ni­tif (de venir, de dire). Il ne faut donc pas le confondre avec la pré­po­si­tion de.

On considère dans cette grammaire que la présence du subordonnant de est la règle normale, et que son ab­sen­ce est l’exception. Cette manière de voir se démarque de l’approche habituelle des gram­maires, qu’el­les soient généralistes ou FLE. Dans l’enseignement du FLE, elle est beaucoup plus pro­ductive, par­ce que plus simple et plus régulière.

2. Infinitifs COD d’un verbe

De nombreux verbes transitifs directs pouvant recevoir un COD nominal peuvent aussi recevoir un COD in­fi­ni­tif. Le nom en fonction de COD n’est pas précédé d’une pré­po­si­tion (p. 203), comme le rap­pel­lent ces exem­ples simples avec un COD nom :

Il a oublié l’heure du départ.
Il m’a demandé un délai.
Elle a achevé sa thèse.

L’in­fi­ni­tif COD se construit sur le mê­me modèle : la cons­truc­tion du verbe ne change absolument pas, mais l’in­fi­ni­tif COD, au lieu d’être à la forme simple (par exem­ple partir), est précédé du sub­or­don­nant de (de par­tir). Comparer les formes où le COD est un groupe nominal, un infinitif et une com­plé­tive :

Il a oublié l’heure du départ.
Il a oublié d’aller à son rendez-vous.
Il a oublié qu’il devait aller chez le dentiste.
Il a demandé un délai.
Il a demandé de pouvoir partir plus tôt.
Il a demandé qu’on le laisse tranquille.
Savoir interpréter le mot de

Ce mot de n’est pas une pré­po­si­tion : la cons­truc­tion du verbe reste exactement la mê­me (transitif direct) qu’avec un COD nominal. Si de était une pré­po­si­tion, cela signifierait que le verbe chan­ge mys­té­rieu­se­ment de cons­truc­tion selon que l’objet est un nom ou un in­fi­ni­tif. Or ce n’est pas le cas : que le com­plé­ment soit un nom (il demande un délai), un in­fi­ni­tif (il demande de téléphoner) ou une proposition (il demande que tu viennes), le verbe demander reste transitif direct et se construit sans la pré­po­si­tion de, et les COD se pronominalisent de la mê­me manière avec un pronom COD, voir p. 471 :

Nous craignons un échec.
Nous craignons d’échouer.
Nous craignons que ça échoue.
La commission préconise le report du projet.
La commission préconise de reporter le projet.
La commision préconise qu’on reporte le projet.

Avec d’autres verbes, nettement moins nombreux, on uti­li­se le subordonnant à :

Il commence son travail.
Il commence à travailler.
L’enfant apprend le piano.
L’enfant apprend à marcher.

Devant un certain nombre de verbes de volonté, le subordonnant s’utilisait anciennement (p. 476), mais a disparu en français moderne ; dans certains cas particuliers, le subordonnant s’est cependant conservé, voir p. 465 :

Il détestait se lever tôt.
J’aime me promener dans la forêt le soir.

Les verbes d’opinion (p. 674) se construisent également sans subordonnant. Comparer :

Il envisage de partir pour un an à l’étranger.
Il pense partir pour un an à l’étranger.
Elle regrette d’avoir accepté cette aide financière.
Elle admet avoir accepté cette aide financière.

Voir la liste des verbes transitifs directs et du subordonnant qu’ils induisent p. 479.