Vous êtes ici : Les verbes » Infinitif, participe et gérondif » L’infinitif
466. Les subordonnants d’infinitif : in­fi­ni­tifs COI d’un verbe

1. Pas de subordonnant après la pré­po­si­tion de

Quand le verbe est transitif indirect, c’est-à-dire quand il se construit avec une pré­po­si­tion (il rêve de va­can­ces, j’ai pensé à mon voyage), le subordonnant n’est pas uti­li­sé après la pré­po­si­tion :

Il rêve de partir. et non pas Il rêve de *de partir.

*Il rêve de de partir serait une suite de pré­po­si­tion + de subordonnant. Un peu comme dans le cas de la règle d’effacement de l’article indéfini pluriel (p. 60), cette suite de de n’est pas employée :

rêver de qqch →
Je rêve de vacances. 
Je rêve de partir. Haaveilen lomasta./Haaveilen lähteväni.
se plaindre de qqch →
Il se plaint de ses collègues. 
Il se plaint d’avoir trop de travail. Hän valittaa työkavereistaan. Hän valittaa sitä, että on liikaa työtä.

Quand l’in­fi­ni­tif est en fonction de COI, le groupe in­fi­ni­tif introduit par de ou à est repris par Le P3 à antécédent non GN correspondant (en ou y, voir p. 286). Observer le parallélisme :

Tu as pensé aux photos ? → Tu y as pensé ?
Tu as pensé à apporter les photos ? → Tu y as pensé ?
Je rêve de vacances. → J’en rêve.
Je rêve de partir. → J’en rêve.

Plus d’exemples…

se contenter de qch
L’étudiant s’était contenté d’une lecture superficielle. 
→ L’étudiant s’en était contenté.
L’étudiant s’était contenté de lire le texte superficiellement. Opiskelija oli tyytynyt pintapuoliseen lukemiseen /Opiskelija oli tyytynyt lukemaan tekstin kursorisesti.
L’étudiant s’en était contenté.
se plaindre de qch
Il se plaint de son travail. →
Il s’en plaint.
 Il se plaint d’avoir trop de travail. →
Il s’en plaint.

2. Distinguer de pré­po­si­tion et de subordonnant

Il importe de savoir dis­tin­guer les cas où de précédant un in­fi­ni­tif fait partie de la cons­truc­tion du verbe et introduit donc un com­plé­ment d’objet in­di­rect et les cas où de est un subordonnant, lequel in­fi­ni­tif est alors un com­plé­ment d’objet direct.

– com­plé­ment d’objet in­di­rect :

(a)  Je rêve de partir.
(a’) J’en rêve.

– com­plé­ment d’objet direct :

(b)  Le médecin m’a conseillé de faire de la natation.
(b’) Le médecin me l’a conseillé.

Même si extérieurement il ne semble pas y avoir de dif­fé­ren­ce entre les mots de dans les phrases (a) et (b), la dif­fé­ren­ce se manifeste dans la forme du pronom qui reprend le groupe in­fi­ni­tif. Dans la phrase (a), le groupe introduit par de est com­plé­ment d’objet in­di­rect (rêver de quelque chose), et il est repris par le pronom en (a’). Dans la phrase (b), le groupe introduit par de est com­plé­ment d’objet direct (con­seiller quel­que chose) et il est repris par le pronom COD le (b’). Voir p. 471 et sui­vantes.

Un problème de lexique…

Comment savoir si le mot de qui précède l’in­fi­ni­tif est une pré­po­si­tion ou un subordonnant ? Le seul moyen est de connaitre la cons­truc­tion du verbe : si c’est un verbe transitif direct (avec COD), de est un subordonnant ; si c’est un verbe transitif in­di­rect, de est une pré­po­si­tion. C’est donc avant tout une ques­tion de lexi­que et d’apprentissage du vocabulaire. On pourra aussi s’aider de la liste p. 479.