Vous êtes ici : Les verbes » Infinitif, participe et gérondif » L’infinitif
469. Autres cas d’emploi du subordonnant d’infinitif

1. Infinitif sujet devant le verbe

Dans la langue soutenue, on trouve parfois l’in­fi­ni­tif sujet introduit par le subordonnant de :

De prétendre résoudre ce problème tout seul me parait présomptueux. Se, että väittää ratkaisevansa tämän ongelma yksin, tuntuu minusta rehentelyltä.
De penser que Martine avait quelqu’un d’autre le rendait malade. Se ajatus, että Martine’illa oli joku muu, sai hänet raivostumaan.

L’uti­li­sation du subordonnant dans ce cas était courante en français classique, mais elle est devenue rare en fran­çais moderne. Dans la langue courante (oral et écrit), l’in­fi­ni­tif sujet s’uti­li­se sans le subordonnant de :

Prétendre résoudre ce problème tout seul me parait présomptueux.
Penser que Martine avait quelqu’un d’autre le rendait malade.

Plus fréquemment, dans la langue courante on introduit l’in­fi­ni­tif avec la cons­truc­tion le fait de :

Le fait de vouloir résoudre ce problème tout seul me parait présomptueux.
Le fait de penser que Martine avait quelqu’un d’autre le rendait malade.

2. Infinitif attribut du sujet

Le subordonnant s’uti­li­se éga­le­ment devant l’in­fi­ni­tif attribut du sujet :

L’essentiel n’est pas de gagner, c’est de participer.
La question est de savoir pourquoi les fabricants de tabac ajoutent de l’ammoniaque dans les cigarettes.

Plus d’exemples…

Le plus difficile a été de prendre la décision de se lancer.
L’essentiel semblait de contenter les militants du parti.
Ce qui compte, c’est de bien savoir identifier les dif­fé­ren­tes fonctions du mot de.

Le subordonnant ne s’uti­li­se pas après le verbe être quand l’in­fi­ni­tif est un attribut ayant pour sujet un autre in­fi­ni­tif, puisque l’in­fi­ni­tif sujet n’est pas non plus pourvu du subordonnant (voir point précédent) :

Partir, c’est mourir un peu.
Tout comprendre, c’est tout pardonner.

4. Complément de comparatif

Quand l’in­fi­ni­tif est com­plé­ment d’un comparatif (adjectif ou adverbe), il est régulièrement précédé du subordonnant de :

Il est moins grave d’être trop poli dans une situation informelle que d’employer des mots familiers dans un contexte formel.
On rentre, ça vaut mieux que de rester sous la pluie pour rien.

Plus d’exemples…

C’est plus simple de rester à la maison que de passer une heure à faire la queue devant un pub.
Pourquoi est-il souvent plus facile de mentir que de dire la vérité ?
Ce serait plus sage que de partir.
Ce serait plus utile que de rester là les bras croisés.
Il n’a pas trouvé de meilleure solution que de revendre sa voiture.
Si tu n’as rien de mieux à faire que de regarder la télévision, tu pourrais aussi bien tondre le gazon.
En fait, il s’agit moins de remettre en question l’autorité de Virgile que de jouer avec celle-ci, voire de la renforcer.
Il ne restait plus à Mascarille, pour devenir tout à fait déplaisant, que de faire le libertin.
Quoi de plus intéressant que de découvrir un texte dans lequel le lecteur va s’investir pleinement.

Dans les exem­ples suivants, on retrouve mêlés différents cas normaux d'emploi du subordonnant (devant l’in­fi­ni­tif sujet réel postposé et devant in­fi­ni­tif com­plé­ment de comparatif) :
Il aurait été plus rentable d’attendre que d’acheter tout de suite.
Il serait plus sensé de renoncer que de s’entêter inutilement.
Il aurait été moins dangereux de passer la nuit au camp d’altitude que de redescendre dans cet épais brouillard.

Dans la langue parlée, on n’uti­li­se cependant pas systématiquement le subordonnant dans ce cas :

On rentre, ça vaut mieux que rester sous la pluie pour rien.

Remarque...

Cet emploi du subordonnant devant l’infin­tif com­plé­ment d’un comparatif ne constitue pas un cas particulier d’emploi du subordonnant. Le principe général de base est qu’en français l’infinitif est précédé d’un subordonnant, l’absence de celui-ci étant, par rapport au système d’ensemble, une exception. Que l’infinitif complément d’un comparatif soit précédé d’un subordonnant n’a donc rien d’extraordinaire, au contraire, il s’agit d’une simple illustration de la règle de base. On a cependant consacré un paragraphe séparé à cet emploi, parce que les grammaires mentionnent souvent ce cas (avec de analysé comme préposition, il est vrai)

Si on compare deux in­fi­ni­tifs dont le premier est sujet de la phrase dans l’ordre normal SVO, donc sans subordonnant de (cas 1 ci-dessus), on n’uti­li­se pas non plus le subordonnant de devant l’in­fi­ni­tif com­plé­ment du comparatif. Si dans les exemples précédents on remet le verbe devant le sujet, on dira donc :

Attendre aurait été plus rentable qu’acheter tout de suite.
Renoncer vaut mieux que s’entêter inutilement.

Plus d’exemples…

Passer la nuit au camp d’altitude aurait été moins dangereux que redescendre dans cet épais brouillard.
Au début au moins, apprendre le violon est plus difficile qu’apprendre le piano.
Dans cette situation, résister serait moins avantageux que renoncer.