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472. La pronominalisation de l’in­fi­ni­tif : in­fi­ni­tif COI

1. Verbes transitifs directs et transitifs in­di­rects

Il y a aussi en français des verbes transitifs in­di­rects, qui se construisent toujours avec une pré­po­si­tion (ils ont un com­plé­ment d’objet in­di­rect, COI). Certains verbes transitifs se construisent avec la pré­po­si­tion avec, sur, pour, etc. (voir une liste d’exem­ples dans le tableau p. 204), et certains avec la pré­po­si­tion à ou de : penser à, appartenir à, jouer à, profiter de, rêver de, parler de, etc. Quand un verbe est suivi du grou­pe de + in­fi­ni­tif, le mot de peut donc être soit une pré­po­si­tion qui fait partie de la cons­truc­tion du ver­be, soit un subordonnant (voir p. 464 et p. 471) :

Il rêve de partir. de = pré­po­si­tion, verbe rêver de qch, le verbe partir est le COI de rêver.
Il envisage de partir. de = subordonnant, verbe envisager qch, le verbe partir est le COD d’envisager.

Comment savoir si le mot de qui précède l’in­fi­ni­tif est une pré­po­si­tion ou un subordonnant ? Le seul moyen est de connaitre la cons­truc­tion du verbe : si c’est un verbe transitif direct (avec COD), de est un subordonnant ; si c’est un verbe transitif in­di­rect, de est une pré­po­si­tion. Dans ce cas, le subordonnant n’est pas uti­li­sé après la pré­po­si­tion (voir p. 466 §1).

2. Pronom en ou y

Quand l'in­fi­ni­tif est introduit par la pré­po­si­tion de ou à, le groupe in­fi­ni­tif est repris par le P3 à antécédent non GN cor­res­pon­dant, en ou y (p. 286). Observer le parallélisme :

Tu as pensé aux photos ? → Tu y as pensé ? 
Tu as pensé à apporter les photos ? → Tu y as pensé ?
Je rêve de vacances. → J’en rêve.
Je rêve de partir. → J’en rêve.
Il se plaint de son travail. → Il s’en plaint. 
Il se plaint d’avoir trop de travail. → Il s’en plaint.
L’étudiant s’était contenté d’une lecture superficielle. → L’étudiant s’en était contenté.
L’étudiant s’était contenté de lire le texte superficiellement → L’étudiant s’en était contenté.

3. Savoir dis­tin­guer de pré­po­si­tion et de subordonnant

Il est essentiel de savoir dis­tin­guer les cas où de précédant un in­fi­ni­tif fait partie de la cons­truc­tion du verbe (l’in­fi­ni­tif est alors un com­plé­ment d’objet in­di­rect) et les cas où de est un subordonnant (l’in­fi­ni­tif qui est alors un com­plé­ment d’objet direct). Dans tous les exem­ples suivants, le verbe est transitif in­di­rect et se construit avec la pré­po­si­tion de :

Je rêve de partir.
Le groupe introduit par de est com­plé­ment d’objet in­di­rect (rêver de quelque chose), donc il est remplacé par le pronom en : j’en rêve.

Il se plaint d’avoir trop de travail.
Le groupe introduit par de est com­plé­ment d’objet in­di­rect (se plaindre de quelque chose), donc il est remplacé par le pronom en : il s’en plaint.

Elle se repent d’avoir pris cette décision.
Le groupe introduit par de est com­plé­ment d’objet in­di­rect (se repentir de quelque chose), donc il est remplacé par le pronom en : Elle s’en repent.

Je l’avais prévenu de ne pas s’aventurer dans le quartier.
Le groupe introduit par de est com­plé­ment d’objet in­di­rect (prévenir qqn de quelque chose), donc il est remplacé par le pronom en : Je l’en avais prévenu.

Comparer ces exem­ples avec ceux du point p. 471 §2, où le verbe est transitif direct (construit sans pré­po­si­tion) : Le médecin m’a conseillé de faire de la natation etc., et dans lesquels le mot de est un subordonnant.