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475. L’in­fi­ni­tif com­plé­ment de l’adjectif et du nom

1. Complément de l’adjectif

Quand l’in­fi­ni­tif est com­plé­ment de l’adjectif, il est toujours introduit par la pré­po­si­tion de qui le relie à l’ad­jec­tif (voir p. 36 et p. 37). Comme dans le cas de l’in­fi­ni­tif COI (p. 472), il n’est dans ce cas jamais pré­cé­dé d’un subordonnant. Dans ces cons­truc­tions, l’in­fi­ni­tif se comporte comme un GN. Comparer :

être heureux de sa réussite / être heureux de réussir
être fatigué du travail / être fatigué de travailler

Plus d’exemples…

être scandalisé d’une nouvelle / être scandalisé d’apprendre une nouvelle
être surpris d’une décision / être surpris d’avoir gagné
être honteux de sa conduite / être honteux d’avoir dit une sottise

Le subordonnant est effacé, on dit il est heureux de rentrer chez lui et non pas il est heureux de *de rentrer, qui serait une suite [de pré­po­si­tion de subordonnant].

Dans ce genre de cons­truc­tion éga­le­ment, l’in­fi­ni­tif est équi­va­lent à une complétive (voir p. 675 §5), et en finnois les cons­truc­tions correspondantes sont précisément des complétives conjonctives sur le modèle adjectif + siitä, että :

Il est soulagé d’avoir réussi son permis du premier coup.
Nous sommes très heureux de vous accueillir parmi nous.

Plus d’exemples…

Mon amie et moi avons été assez étonnées de voir qu’il se trouvait des enfants dans la salle, alors que ce film est coté 16 ans et plus
N’hésitez pas à nous contacter, nous serons ravis de vous aider !
Lorie était toute malheureuse de devoir retourner à l’école après ces merveilleuses vacances.

Remarque : la dif­fi­cul­té pour l’apprenant FLE consiste à interpréter le mot de, et donc la cons­truc­tion (voir p. 347) :

Il est normal de prendre des précautions. de est un subordonnant qui introduit une complétive sujet (réel) du verbe est.
Il est content de partir en voyage. de est une pré­po­si­tion reliant l’in­fi­ni­tif partir à l’adjectif content.

2. Pronominalisation

Étant donné que dans ce cas, le mot de est une pré­po­si­tion et non pas un subordonnant, la pronomi­na­li­sa­tion du groupe de + in­fi­ni­tif se fait avec le pronom en (p. 288 §5) :

Nous sommes désolés de ne pas avoir pu vous accompagner. → Nous en sommes désolés.
Mes amis étaient tout surpris de voir tant de cygnes sur le lac. → Mes amis en étaient tout surpris.

La pronominalisation n’est pas possible avec tous les adjectifs. En effet, le plus souvent le pronom en prend une valeur causale plus large (p. 288 §3) et n’est plus senti comme un pur substitut d’un groupe [de + in­fi­ni­tif].

3. Complément du nom

L’in­fi­ni­tif peut aussi être com­plé­ment du nom et il est introduit dans ce cas par la pré­po­si­tion de. L’in­fi­ni­tif n’a donc pas de subordonnant :

(a) L’idée de partir en vacances à la ferme ne lui plaisait guère.
(b) La décision de ne pas démissionner lui fut reprochée vivement.

Plus d’exemples et remarque sur l’interprétation de la construction…

(c) La conviction d’avoir raison malgré tout lui donnait la force de lutter.
(d) Le professeur fit à l’élève le signe de fermer la porte.
(e) Déjà petit, il ressentit le besoin de chercher sa propre voie.
(f) Dans le temps, on sortait rarement de son quartier ou de son village, il n’y avait pas de cinéma, de café, la notion de « partir en vacances » n’existait pas.

Sémantiquement, ces cons­truc­tions pourraient s’interpréter soit (a-b) comme des équi­va­lents de complétives objet direct développant un nom (p. 664 §2) et dans ce cas de pourrait être interprété comme un com­plé­menteur semblable à que (p. 675) ; soit (exem­ples d-f) comme des cons­truc­tions appositives (p. 86 §2) sur le modèle de la profession de médecin ; soit (c) comme la forme nominale d’un adjectif (avoir la conviction [de ce] que P - avoir la conviction de GN). Dans ce dernier cas, le parallélisme que/de comme « com­plé­menteur » parait manifeste. Cependant, la pronominalisation par en montre que ces cons­truc­tions s’interprètent formellement comme une simple cons­truc­tion GN + pré­po­si­tion de GN.

La pronominalisation est possible dans certains cas et se fait avec le pronom en :

Comment tu as eu l’idée de prendre le ferry ? → J’en ai eu l’idée par une annonce dans le journal.
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