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482. Forme négative et valeur temporelle

1. Forme négative

Comme le participe présent et le participe passé forme composée sont des formes conjuguées, ils peuvent aussi se mettre à la forme négative, comme l’in­fi­ni­tif (mais contrairement au participe en finnois). La né­ga­tion ne ... pas se place autour du participe comme dans le cas d’un verbe normal, alors que dans le cas de l’in­fi­ni­tif, le groupe ne pas est soudé et se place avant l’in­fi­ni­tif (p. 461) :

comprenant → ne comprenant pas, en partant → en ne partant pas
ayant écouté → n’ayant pas écouté ; ayant été obéi → n’ayant plus été obéi
étant parties → n’étant jamais parties

Exemples…

N’ayant pas pu trouver de pharmacie ouverte le dimanche après-midi, elle a dû aller aux urgences.
Les jeunes ayant travaillé quelques années et ayant terminé leurs droits aux ASSEDIC n’ont pas droit au RMI, alors qu’un jeune ayant fait de longues études mais n’ayant jamais travaillé peut y avoir droit dès la sortie de l’université.

2. Forme composée obligatoire au passé

Uti­li­sé dans une sub­or­don­née participiale, le participe passé forme simple (c’est-à-dire le participe passé d’un verbe intransitif comme revenu, ou le participe passé d’un verbe transitif uti­li­sé au passif comme exa­mi­né) ne peut pas se mettre seul à la forme négative ; il faut dans ce cas uti­li­ser la forme composée. Com­parer :

Les vacanciers partis, le village était redevenu silencieux. / Les vacanciers n’étant pas partis, l’animation régnait encore.

Plus d’exemples…

Ses malheurs oubliés, il commençait à reprendre gout à la vie. / Ses malheurs n’étant pas oubliés (participe présent passif), il avait du mal à reprendre gout à la vie.
Sa thèse terminée, il put enfin se consacrer à autre chose. / Sa thèse n’étant pas terminée, il était de plus en plus stressé.

3. Valeur temporelle – concordance des temps

Le mode participe n’a que deux temps (présent et passé). Le présent indique que l’action exprimée par le verbe au participe est simultanée à celle exprimée par le verbe conjugué principal, tandis que le participe passé marque l’antériorité par rapport à celle-ci. Le participe passé est à la forme composée quand il s’agit d’un verbe transitif direct ; s’il s’agit d’un verbe intransitif ou passif, il peut être à la forme composée ou, tout seul, à la forme simple :

Comme il n’avait [imparfait] plus assez de temps pour y aller en métro, il prit un taxi. → N’ayant plus assez de temps pour y aller en métro, il prit un taxi.

Plus d’exemples…

 Il oublia [passé simple] sa peur et se précipita au secours de son ami. → Oubliant sa peur, il se précipita au secours de son ami.
Quand il eut découvert [passé antérieur] la trahison du prince, le roi le fit couvrir de chaines. → Ayant découvert la trahison du prince, le roi le fit couvrir de chaines.
Comme il avait été condamné à une peine de prison, il ne pouvait plus se présenter aux élections. → Ayant été condamné à une peine de prison / Condamné à une peine de prison, il ne pouvait plus se présenter aux élections.

Quand le participe a une valeur de futur (futur antérieur) exprimée par le verbe de la principale, on évite d’uti­li­ser la forme composée, de sens trop nettement passé (exem­ple c ci-dessous). L’uti­li­sation de la for­me simple, quand elle est possible (par exem­ple avec un verbe intransitif) permet d’éviter ce problème (exem­ple b). Si la forme simple ne peut pas être uti­li­sée, la seule solution est d’uti­li­ser une sub­or­don­née avec conjonction (d) :

(a) Quand il sera rentré de l’étranger, il pourra s’atteler à son nouveau roman. =
(b) Rentré de l’étranger, il pourra s’atteler à nouveau roman.
(c) ? Étant rentré de l’étranger, il pourra s’atteler à son nouveau roman.
(d) Quand il aura retrouvé son bureau familier, il pourra s’atteler à son nouveau roman. (et non pas ? Ayant retrouvé son bureau familier, il pourra ...)

4. Effacement des rapports temporels

Quand le participe remplace une sub­or­don­née relative ou cir­cons­tan­cielle, le temps précis de la sub­or­don­née d’origine est « effacé », il n’y a plus que le présent ou le passé. Dans ces exem­ples avec un verbe au pas­sif, les trois temps différents des sub­or­don­nées temporelles sont remplacés par une seule et mê­me forme (voir aussi p. 630 §1) :

Quand elle aura été démontrée [futur antérieur passif] par l’expérience, cette théorie aura des conséquences incalculables. →
Démontrée par l’expérience, cette théorie aura des conséquences incalculables.

Plus d’exemples…

Démontrée par l’expérience, cette théorie eut des conséquences incalculables. → Quand elle eut été démontrée [passé antérieur passif] par l’expérience, cette théorie eut des conséquences incalculables.

Inversement, si on veut transformer une cons­truc­tion participiale en sub­or­don­née relative ou cir­cons­tan­ciel­le, il faut penser à rétablir le temps qui convient :

Les candidats retenus seront prévenus par lettre.
Les candidats qui seront retenus (ou : auront été retenus) seront prévenus par lettre.

Plus d’exemples…

N’ayant pas réservé à temps, ils ne purent trouver de chambre d’hôtel.
Comme ils n’avaient pas réservé à temps, ils ne purent trouver de chambre d’hôtel.

5. L’accord du participe passé

Le participe passé uti­li­sé pour la formation des temps composés (temps du passé, passif) peut selon les cas s’ac­corder en genre et en nombre avec le sujet du verbe ou l’objet direct. En règle générale, quand l’auxi­liai­re est avoir, le participe ne s’accorde pas. Quand l’au­xi­liai­re est être, en règle générale il s’ac­cor­de. L’accord du participe passé est traité en détail p. 492 et suivantes.