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483. La cons­truc­tion participiale substitut de proposition relative

1. Le participe remplace une proposition relative

Le participe (présent ou passé) peut remplacer un verbe ayant comme sujet un pronom relatif. Dans ce cas, le participe reçoit comme sujet le nom ou le pronom incomplet (p. 231) qui étaient l’antécédent de la re­la­tive. Le participe français correspond alors aux formes finnoises en -vA (asuva, pesevä). Remarquer que, con­trai­rement au finnois, le participe est dans ce cas invariable (sauf le participe passé de la forme composée, qui s’accorde éventuellement) :

les scientifiques qui étudient ce problème → les scientifiques étudiant ce problème
la personne qui se trouve à droite → la personne se trouvant à droite
la personne qui a répondu → la personne ayant répondu
les oiseaux qui s’étaient envolés → les oiseaux s’étant envolés
celles qui se sont inscrites → celles s’étant inscrites
celles qui ont été inscrites → celles ayant été inscrites

2. Omission de l’auxiliaire être

Si le verbe est un verbe intransitif se conjuguant avec être ou un verbe transitif direct uti­li­sé au passif, on peut omettre l’auxiliaire être :

les candidats qui ont été retenus seront prévenus par lettre → les candidats retenus seront prévenus par lettre
les colis qui avaient été expédiés la veille → les colis expédiés la veille
Nos amis, qui sont rentrés ce soir, avaient l’air contents de leurs vacances. → Nos amis, rentrés ce soir, avaient l’air contents de leurs vacances.

Dans le cas des verbes à pronom réfléchi, on uti­li­se généralement la forme composée, mê­me dans le cas d’un verbe à valeur intransitive :

comme les deux amis ne s’étaient pas téléphoné [verbe transitif] → les deux amis ne s’étant pas téléphoné
les voleurs qui s’étaient enfuis [verbe intransitif] → les voleurs s’étant enfuis

3. Utilité de la cons­truc­tion participiale

L’uti­li­sation du participe à la place d’une relative se fait essentiellement dans la langue écrite, où il est con­si­déré plus élégant que la relative. À l’oral, on uti­li­se pratiquement toujours une relative. Mais mê­me si on ne re­cherche pas à tout prix un « beau » style, les cons­truc­tions avec participe permettent souvent d’al­lé­ger des phrases contenant plusieurs relatives, en évitant la répétition des pronoms relatifs, et permettent éga­le­ment de mieux délimiter les groupes syntaxiques :

Phrase avec relatives
Les décisions qui ont des implications dans le domaine de la défense dont il est question au présent article sont prises sans préjudice des politiques et des obligations qui sont visées au paragraphe 1, deuxième alinéa.
Même phrase avec participe
Les décisions ayant des implications dans le domaine de la défense dont il est question au présent article sont prises sans préjudice des politiques et des obligations visées au paragraphe 1, deuxième alinéa.
Tässä artiklassa tarkoitettujen puolustuksen alalla merkityksellisten päätösten tekeminen ei rajoita 1 kohdan toisessa alakohdassa tarkoitettujen politiikkojen ja velvoitteiden soveltamista.

Comme le participe est fondamentalement une forme de type adjectival, il forme avec le nom un groupe nominal plus restreint et plus facilement délimitable que le GN développé par une relative. L’uti­li­sation du participe ayant montre que l’antécédent de dont il est question est tout le groupe nominal Les dé­ci­sions ayant des implications dans le domaine de la défense (tandis qu’avec une relative, l’antécédent peut être équivoque : décisions, implications, domaine ?)

À l’écrit, les cons­truc­tions avec participe sont très fréquentes. Ainsi, dans les textes de loi, le participe est fréquemment employé. Exem­ples tirés du Traité sur l’Union européenne :

Est citoyen de l’Union toute personne ayant la nationalité d’un État membre (art. 17). Unionin kansalainen on jokainen, jolla on jonkin jäsenvaltion kansalaisuus.
Les sociétés constituées en conformité de la législation d’un État membre et ayant leur siège statutaire […] à l’intérieur de la Communauté sont assimilées aux personnes physiques ressortissantes des États membres. (art. 48) Jäsenvaltion lainsäädännön mukaisesti perustetut yhtiöt, joiden sääntömääräinen kotipaikka – – on yhteisön alueella, rinnastetaan tämän luvun määräyksiä sovellettaessa luonnollisiin henkilöihin, jotka ovat jäsenvaltion kansalaisia.
Les membres de la Cour des comptes sont choisis parmi des personnalités appartenant ou ayant appartenu dans leur pays respectif aux institutions de contrôle externe. Tilintarkastustuomioistuimen jäsenet valitaan henkilöistä, jotka kotimaassaan kuuluvat tai ovat kuuluneet ulkopuolisiin tilintarkastuselimiin.

4. Deux types de « relatives participiales »

Les propositions relatives peuvent être de deux types (p. 608 et suivante) :

De la mê­me manière, les propositions participiales remplaçant une relative peuvent être restrictives (com­me dans l’exem­ple ci-dessus extrait du traité sur l’Union européenne), ou appositives ; dans ce cas, elles ont souvent une valeur cir­cons­tan­cielle et sont, comme les relatives appositives, isolées du reste de la phrase par des vir­gules. Le participe à valeur restrictive correspond en finnois aux participes en -vA, tandis que le participe à valeur appositive se traduit plutôt par des formes d’in­fi­ni­tif en -en :

Les deux amis, s’inquiétant de plus en plus de ne pas voir venir leur camarade, envisageaient déjà de téléphoner à la police. [le participe présent exprime la cause]
Les baigneurs, surpris par la pluie, avaient déserté la plage. [le participe passé exprime la cause]
Les compagnons progressaient dans l’obscurité et les relents de terre et ils n’étaient pas fâchés de respirer un autre air, mê­me sentant le renfermé. [le participe présent exprime la concession] Kaverukset etenivät pimeässä ja mullan hajussa ja heistä tuntui mukavalta hengittää erilaista ilmaa, vaikkakin tunkkaista.