Vous êtes ici : Les verbes » Infinitif, participe et gérondif » L’accord du participe passé
490. L’accord du sujet en nombre et en personne

Cette brève section consacrée à l’accord du sujet avec le verbe est une introduction nécessaire à la com­pré­hension de l’accord du participe étudié p. 492 et suivantes.

1. Règle de base

Quand le sujet du verbe est au singulier, le verbe s’accorde au singulier :

L’enfant joue dans le jardin.
Tu le vois ? Il est tout content.

Sujet pluriel : verbe au pluriel

Les enfants jouent dans le jardin.
Vous les voyez ? Ils sont tout contents.
Pierre et François font de la plongée.
Son père et lui partent en vacances.
Ils sont restés longtemps.
Beaucoup de gens ne lisent jamais de livres.

2. Ou et ni

Quand les sujets sont reliés par ou, le nombre du verbe dépend du sens :

Est-ce que c’est Pierre ou François qui fait de la plongée ? [= seulement l’un ou l’autre]
Une casquette ou un chapeau sont nécessaires pour se protéger des moustiques. [= les deux]

Quand on uti­li­se les conjonctions ni … ni …, le verbe peut être au pluriel ou au singulier (le pluriel est cependant plus fréquent) :

Ni Pierre ni François ne fait / ne font de la plongée.
Ni l’un ni l’autre ne viendra / ne viendront.

3. Personnes dif­fé­ren­tes

Quand le sujet du verbe représente des personnes (au sens grammatical de persoona), le verbe s’accorde d’après les mê­mes règles qu’en finnois :

Toi et moi sommes toujours d’accord.
Jean et moi devons refaire l’examen.
Vous et nous en pensons la mê­me chose.
Ton ami et toi partirez demain.
Vous et mon frère pourriez y aller aussi.

Dans la langue parlée, il y a souvent dislocation ; quand nous est remplacé par on, le verbe est au singulier, mais le participe passé peut s’accorder (voir p. 337 §2) :

Ton ami et toi, vous partirez demain.
Toi et moi, on est toujours d’accord.
On est tous rentrés complètement crevés.

4. Dans les propositions relatives

Dans les propositions relatives, le verbe s’accorde en genre, en nombre et en personne avec l’an­té­cé­dent :

Ce n’est pas moi qui ai dit ça.
C’est moi qui leur ai annoncé la nouvelle.
Toi qui as toujours de si brillantes idées, qu’est-ce que tu proposes pour nous sortir de là ?
Ils sont allés chez des amis qui ont acheté une maison dans les Alpes.
C’est nous qui en avons eu l’idée.
C’est peut-être toi et lui qui avez raison.

Dans le cas de le seul, le premier, le dernier, etc., le verbe s’accorde soit avec le sujet de la principale soit avec la personne de l’antécédent :

Nous sommes les seuls qui puissions / qui puissent répondre à cette question. Vain me pystymme vastaamaan siihen kysymykseen.

FLE : Les jeunes enfants éprouvent souvent des dif­fi­cul­tés à comprendre cette règle et accordent le verbe à la troisième personne : c’est pas moi qui *a dit ça. Cette erreur s’explique par l’analogie avec d’au­tres phrases similaires, dans lesquelles le verbe a phoniquement la mê­me forme [a], bien qu’il s’agisse de deux personnes verbales dif­fé­ren­tes :

C’est qui qui a fait ça ?
C’est toi qui as fait ça ?
C’est lui qui a fait ça.

Il est donc logique pour le petit enfant que la première personne se construise sur le mê­me modèle :

*C’est pas moi qui a fait ça.

Ce n’est qu’au bout d’un certain nombre d’années que l’enfant comprend que le verbe doit s’accorder d’après la personne, à la forme ai. Certains adultes ne le comprennent parfois pas non plus et l’ap­pre­nant FLE ne doit pas s’étonner d’entendre ces formes erronées chez des locuteurs adultes.