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500. Énonciation, énoncé, deixis

1. Généralités

Ce chapitre regroupe certaines notions auxquelles il est fait référence dans le reste du texte concernant la structure des phrases et divers aspects suprasegmentaux.

Ce chapitre n’est pas une analyse de la notion de phrase du point de vue grammatical ou linguis­ti­que. Le fin­nois et le français présentent dans l’ensemble de très grandes similitudes dans le do­mai­ne de la cons­truction de la phrase et de l’agencement des éléments de l’énoncé. Les divergences concer­nant par exem­ple l’ordre des mots sont traitées p. 505 et suivantes et, en divers endroits, en liaison avec telle ou telle structure gram­ma­ticale.

2. L’énonciation

L’énonciation est l’acte par lequel un locuteur produit dans une situation de communication un message, un ensemble de « mots » (dans un sens très large du terme). Cette production (en finnois tuotos) est ce qu’on appelle l’énoncé. L’énoncé est un discours ou une partie de discours, une phra­se, ce peut être aussi un simple mot, une onomatopée, etc. Si deux personnes dif­fé­ren­tes pro­non­cent la mê­me phrase, il s’agit de deux actes d’énonciation différents et donc de deux énoncés dif­fé­rents. En effet, l’acte d’énonciation im­pli­que un locuteur spé­cifique, qui dit quelque chose à quel­qu’un (l’allocutaire), à un moment spé­ci­fi­que, à un endroit spécifique, dans une situation spécifique. L’énonciation est liée à la réalité ex­tra­lin­guis­ti­que (le monde qui nous entoure, avec ses objets et ses phénomènes.) Autrement dit, l’énoncé est produit, à pro­pos de quelque chose, par un sujet lin­guis­tique, le locuteur, celui qui dit je ; le moment spécifique où il pro­duit son énoncé est pour lui le présent (son « maintenant »), et le locuteur désignerait l’endroit spécifique où il produit cet énoncé en disant « ici ».

3. La deixis

Cet ensemble de repères de temps et de lieu institués par l’énonciation forment ce qu’on appelle la situa­tion de deixis (d’un mot grec qui signifie « montrer ») : dans la deixis, je dit quelque chose à tu, ici et main­te­nant. Les relations temporelles se comprennent par rapport au présent du locuteur je. Si par exem­ple le lundi 15 juin le locuteur dit « hier j’ai fait une longue sortie en kayak », hier désigne le 14 juin. De mê­me, s’il dit « dans deux semaines j’irai en vacances », dans deux semaines signifie le 30 juin, etc. Dans la situation de deixis, divers éléments linguistiques renvoient à la situation de l’énonciation, notamment les adverbes ici et maintenant, les démonstratifs (cette lampe, qu’on peut désigner sans équivoque à l’al­lo­cu­taire), mais aussi des adverbes comme bientôt, demain, tout de suite, des pré­po­si­tions comme dans (dans un an), il y a (il y a dix minutes), des cir­cons­tanciels comme lundi, ce soir, etc. Ces in­di­ca­teurs sont ap­pelés des déictiques.